undefined
- Certains articles peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes -
- Nouveautés au 24/01/08 : Rubrique spéciale suggestions et réçits (100% visiteurs) -

Compteur / visites

Depuis le 25.01.08
---
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 06:00


La Direction générale de la sécurité extérieure, couramment connue sous le sigle DGSE, qui s’appelait Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece) avant 1982, est le service de renseignement extérieur de la France, l'un des plus réputé au monde.

Sa devise est « Partout où nécessité fait loi », qui traduit la raison d'État.

Fonctionnement:

Sous l’autorité du ministre français de la Défense, elle est chargée, selon les termes du décret du 2 avril 1982 qui a procédé à sa refondation, « de rechercher et d’exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d’espionnage dirigées contre les intérêts français afin d’en prévenir les conséquences ». Avant ce décret, ce service s’appelait le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece).

La DGSE est membre de la Communauté française de renseignement.

Organisation:

La DGSE comprend les services suivants :

    * la direction de l’administration ;
    * la direction des opérations (dont le Service action ou SA est une composante), chargée des opérations clandestines ;
    * la direction du renseignement ;
    * la direction de la stratégie ;
    * la direction technique, qui recherche et exploite les renseignements d’origine technique, propose et met en œuvre les orientations de la DGSE dans les domaines techniques ;
    * Alliance Base, service de contre-terrorisme mis en place par Jacques Chirac, alors président de la République, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, qui s’occupe d’opérations conjointes avec la CIA et d’autres services étrangers.

La Division action:

La Division action est chargée de la planification et de la mise en œuvre des opérations clandestines.

La Division action remplit aussi des missions d’évaluation de la sécurité de divers bâtiments comme les centrales nucléaires d’EDF (comme l'a dévoilé Le Canard enchaîné dans son article « Quand la DGSE posait de fausses bombes à Bugey » du 25 avril 1990), ainsi que des bâtiments militaires comme des installations de réparation des sous-marins nucléaires de Brest.

Son quartier général (QG) est au fort de Noisy-le-Sec.

L’actuelle Division action de la DGSE est issue du Service action du Sdece. Le bras armé du Service action était le 11e bataillon parachutiste de choc (11e BPC ou « 11e Choc »).

Il fusionne avec le 12e BPC de Calvi en octobre 1955 pour donner naissance à la 11e demi-brigade parachutiste de choc (11e DBPC), qui mènera un grand nombre d’opérations pendant la guerre d'Algérie. Le 16 avril 1956 est créé le Centre d’instruction des nageurs de combat (CINC), intégré à la 11e DBPC. Le 26 octobre 1960, le CINC est transféré à Aspretto (Corse).

En réalité, le CINC est l’unité des nageurs de combat de la DGSE, leur formation est assurée par l’école de plongée (CNC : cours nageurs de combat) de Saint-Mandrier.

La 11e DBPC est dissoute le 31 décembre 1963 suite à la fin de la guerre d'Algérie, et ses missions sont en partie reprises par les soldats du 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP) et du GO (groupement opérationnel) du 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), généralement pour des opérations contre des guérillas d’idéologie plus ou moins marxistes en Afrique.

Le Service action, très réduit depuis la dissolution de la 11e DBPC, est reformé et redynamisé à partir de 1971 sous la direction d’Alexandre de Marenches.

En 1981, le Service action est renommé Division action, même si le nom de Service action perdure.

Le 4 avril 1982, le Sdece est remplacé par la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). La Division action se fait rapidement mal voir du nouveau gouvernement socialiste, avec ses échecs au Liban en riposte à l’attentat du Drakkar en 1983, et surtout le sabotage du Rainbow Warrior de Greenpeace le 10 juillet 1985 et l’affaire des « époux Turenge ».

Cette affaire a deux conséquences majeures. D’abord, le CINC est dissous et sa mission est reprise par le centre parachutiste d'entraînement aux opérations maritimes (CPEOM) à Quélern (Bretagne), mais cette restructuration hâtive dégrade les capacités des nageurs de combat de la DGSE, car des cadres expérimentés ne veulent pas déménager vers le CPEOM, et les conditions de sécurité entourant la base de l’île Longue (base des SNLE de la Force océanique stratégique) réduisent largement les occasions d’entraînement à la plongée sous-marine.

Ensuite, le 1er novembre 1985, le 11e BPC est recréé sous le nom de 11e régiment parachutiste de choc (11e RPC), basé à Cercottes (Loiret) au CIRP (Centre d’instruction des réserves parachutistes) et ayant repris les traditions de la 11e DBPC.

Le « 11e choc » n’est ni confondu ni intégré à la Division action, mais sert plutôt de réservoir de spécialistes qui sont prélevés individuellement à chaque opération. Jusqu’en 1988, les hommes du 11e RPC utilisaient comme couverture le 89e bataillon des services.

Le « 11e choc » participera notamment à l’assaut de la grotte d'Ouvéa le 5 mai 1988, au cours duquel deux de ses hommes, l’adjudant Pedrazza et le soldat Veron, seront tués.

En 1992, le 11e RPC est conservé malgré les réformes des services de renseignement et des forces spéciales consécutives à la fin de la guerre froide, qui se traduisent notamment par la création du Commandement des opérations spéciales (COS), dans lequel le « 11e choc » n’est pas intégré.

Il est finalement dissout le 30 juin 1993, dans une grande discrétion. Ses fonctions sont reprises par trois centres d’entraînement : le CPES (Cercottes[réf. nécessaire]), le CPIS (Perpignan[réf. nécessaire]) et le CPEOM (Quelern[réf. nécessaire]). Le Service action est doté d'une unité aérienne clandestine appelée Groupe aérien mixte 56 (GAM 56). Basé à Évreux, il est doté d’hélicoptères Cougar et d’avions de transport tactiques de type Transall et Twin Otter.

Installations:

Le siège de la DGSE, officiellement désigné Centre administratif des Tourelles (CAT), se trouve en partie à Paris, au 141 boulevard Mortier, à proximité de la Porte des Lilas, dans le 20e arrondissement. Ses membres la désigneraient sous le nom de « centrale » ou de « Mortier » en raison de son adresse. Le grand public l'a surnommé la « piscine » en raison de sa proximité avec la piscine des Tourelles.

Le QG de la Division action est au fort de Romainville à Noisy-le-Sec.

Le projet « Fort 2000 », lancé en 1992, devait permettre de déménager le siège de la DGSE à Noisy-le-Sec, où se trouvait déjà le QG de la Division action.

Ce projet a été perturbé par le manque de budget : les crédits d’études n’ont été débloqués dans le budget de la défense qu’en 1994, suivis des crédits des premiers travaux en 1995.

Le financement du projet a été revu à la baisse, passant de 2 milliards de francs à 1 milliard, et a subi l'opposition des riverains du fort qui craignaient les nuisances sonores dues à l’augmentation des survols d’hélicoptères, ainsi que de mouvements écologiques car la zone du fort abrite une espèce rare de crapauds.

Le projet a été abandonné en mai 1996. À la place, la DGSE a reçu des locaux supplémentaires, ceux occupés auparavant par une unité du train en face de la « piscine ». Le boulevard Mortier où se situent les principaux locaux administratifs étant dangereux pour les piétons, un tunnel a été mis en place pour faciliter les mouvements du personnel d'un côté à l'autre du boulevard.

La DGSE partage en outre certaines de ses bases avec le Service fédéral de renseignement allemand (Bundesnachritendienst ou BND), comme à Kourou, en Guyane française, et gère certaines de ses installations avec la Direction du renseignement militaire (DRM).

Effectifs:

En 2007 la DGSE avait un effectif total théorique de 4 620 agents. En 1999, la DGSE employait 2 700 civils et 1 300 officiers et sous-officiers. Elle bénéficie également d’un réseau de correspondants bénévoles, basés en France ou à l’étranger, appelés « honorables correspondants ». La DGSE est directement gérée par le ministère de la Défense.

Dans les faits, les effectifs de la DGSE seraient voisins de 4 400 agents, hors Division action (de 800 à 1 000 hommes).

Activités:

Les activités de la DGSE sont diverses :

    * Acquisition de renseignements :
          o renseignement humain (« honorables correspondants ») ;
          o espionnage des télécommunications (Frenchelon) ;
          o interprétation des images satellites (Satellite Spot, Satellite Helios) ;
    * Appui au renseignement humain.
    * Opérations paramilitaires.

Le contre-espionnage sur le territoire français n’est pas assuré par la DGSE mais par la Direction de la surveillance du territoire (DST), placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur. Par conséquent, la DGSE n’est pas censée agir sur le territoire français (de même que la DST n’est pas censée intervenir à l’étranger).

Par Koloss - Publié dans : Services secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 05:54


Le Secret Intelligence Service (SIS), également connu sous la dénomination de MI6 (à l’origine Military Intelligence [section] 6), est l'un des services de renseignement britannique.

Le SIS possède au Royaume-Uni deux grands groupes de défense national :

    * le MI5 a pour mission de protéger le Royaume-Uni de toute attaque intérieure au pays ;
    * le MI6, connu grâce aux aventures de James Bond existe bien. Il a pour but de protéger le pays de toute attaque terroriste extérieure au pays, et de conduire des activités d’espionnage à l’extérieur du Royaume-Uni, contrairement au MI5 chargé de la sécurité à l’intérieur des frontières. Le MI6 et le MI5 furent créés en octobre 1909 lors de la fondation du Secret Service Bureau, dont il est l’un des départements. Son premier directeur fut Sir Mansfield Smith Cumming, qui, abandonnant fréquemment le « Smith », utilisait son initiale « C » comme nom de code. Cet usage fut perpétué par tous les directeurs du SIS qui lui succédèrent (d’où M dans les histoires de James Bond).

Première Guerre mondiale:

Le premier test significatif pour l'organisation eut lieu avec la Première Guerre mondiale durant laquelle elle rencontra un succès mitigé. Le SIS fut incapable de pénétrer l'Allemagne, mais connut néanmoins quelques succès notables en espionnage militaire et commercial, essentiellement grâce à un réseau d’agents dans les pays neutres, les territoires occupés et la Russie.

L'entre-deux-guerres:

Après la guerre, les moyens du SIS furent largement réduits et l'organisation s'appela le MI6 à partir de 1921. Il commença à opérer principalement à travers un système de coopération, parfois contrainte et forcée, avec le service diplomatique. La plupart des ambassades se virent dotées d'un Passport Control Officer, qui était en fait le responsable du SIS pour ce pays. Ceci permit aux agents du MI6 de bénéficier d'une couverture et d’une certaine immunité diplomatique, mais le système dura probablement trop longtemps et dans les années 1930 ne trompait plus personne.

Dans l'immédiat après-guerre et durant la plus grande partie des années 1920, le MI6 se souciait surtout du communisme et de la Russie soviétique en particulier. Le SIS, outre des opérations d’espionnage plus traditionnelles, soutint et encouragea à la fois les tentatives de renversement du régime communiste de Sidney Reilly (qui était vaguement associé au SIS jusqu’à sa capture), ainsi que celle de Boris Savinkov.

Cumming mourut (dans son bureau) en 1923 et fut remplacé en tant que « C » par l'amiral Hugh « Quex » Sinclair, dont les historiens s'accordent à dire qu'il fut un directeur nettement moins efficace. Il n’était pas incompétent, mais n’avait pas la force de caractère de Cumming et se révéla incapable d'imposer le respect et l'obéissance à ses troupes de manière aussi efficace que son prédécesseur.

De même que le reste de la communauté de l'espionnage et plus généralement du gouvernement, le MI6 tourna son attention durant les années 1930 vers l'Allemagne nazie. Son succès fut de nouveau relativement modeste. Bien qu'il parvint à établir des sources relativement fiables au sein du gouvernement et de l’amirauté allemande, ses informations étaient probablement moins complètes que celles fournies par le réseau rival de Robert Vansittart, le sous-secrétaire permanent du Foreign Office.

« Quex » Sinclair mourut en 1939 et fut remplacé par le lieutenant-colonel Stewart Menzies qui fut de l'avis général un directeur très ordinaire. Le MI6 ne retrouva pas de directeur à la mesure d’un Cumming avant Dick White, après la guerre.

Seconde Guerre mondiale:

Durant la Seconde Guerre mondiale, le MI6 fut surpassé par plusieurs autres initiatives, dont l’effort de cryptographie entrepris par le GC & CS (le bureau responsable de l’interception et le déchiffrage des communications étrangères) à Bletchley Park, le système de « double-jeu » mis au point par le MI5 afin de fournir des informations erronées aux Allemands, ainsi que les travaux de l’unité de reconnaissance photographique. Il fut également affecté par les activités du Special Operations Executive (SOE en abrégé, que l'on peut traduire par Direction des opérations spéciales), ce qui tendait à accroître le danger pour ses propres agents.

L’opération la plus célèbre durant la guerre fut un échec spectaculaire connu sous le nom d'incident de Venlo (d’après la ville des Pays-Bas où une grande partie de l’action eut lieu), durant lequel le MI6 fut complètement trompé par des agents des services secrets allemands, l’Abwehr, prétendant être des officiers haut placés de l’armée impliqués dans un complot contre Adolf Hitler. À la suite d’une série de rencontres entre les agents du SIS et les « conspirateurs », durant lesquels les plans des SS d’enlever les agents britanniques furent contrariés par la présence de la police néerlandaise, un rendez-vous fut organisé sans policiers et deux agents du MI6 furent capturés par les SS. Cet échec ternit considérablement la réputation du service.

La Guerre froide:

En 1946, le MI6 absorba ce qui restait de la Special Operations Executive, répartissant son personnel et le matériel entre les différentes divisions opérationnelles et le nouveau Directoire de l'entraînement et du développement pour la préparation à la guerre (DEWP). L'accord de 1921 a été adapté aux unités géographiques et opérationnelles sous le nom de « Sections de production », régulées par des contrôleurs, eux-même sous l'égide d'un directeur de la production. Les sections en mouvement devinrent des « Sections logistiques » et furent placées sous le commandement d'un Directoire logistique.

Les actions menées par le MI6 envers l'URSS furent fortement compromises par la Section de contre-espionnage R5 (Post-War Counter-Espionage Section) dirigée pendant deux ans par l'agent infiltré Kim Philby. Bien que les dégâts occasionnés par Philby aient été atténués par son transfert à la direction d'une station de Turquie, il retourna au Royaume-Uni et devint officier le liaison à l'ambassade américaine. Il compromit un programme d'alliance entre le Royaume-Uni et les États-Unis à Enver Hoxha en Albanie (bien que l'on ait depuis la preuve que l'échec était prévisible par les conditions de l'opération elles-mêmes). Philby quitta le bureau et prit sa retraite en 1953 après l'échec de ses amis et camarades du Cambridge Spy Ring (que l'on eut traduire par « Cercle des espions de Cambridge »), composé en plus de Donald Duart Maclean, Guy Burgess, Anthony Blunt et John Cairncross (ce dernier révélé en 1990).

Le MI6 fit également les frais d'un officier impliqué dans des opérations à Vienne et à Berlin, qui se « retourna » et rejoignit les forces soviétiques, après avoir été détenu par la Chine durant la Guerre de Corée. George Blake simula une évasion depuis la prison chinoise et rentra au pays, où il devint un peu comme un héros au sein du bureau. Ses autorisations de sécurité furent réactivées, puis il reprit son poste en 1953 à Vienne. Il participa à l'Operation Gold des Britanniques (construction d'un tunnel à Berlin). Blake fut finalement identifié après avoir fait échouer la construction du tunnel, traduit en justice pour espionnage puis envoyé en prison. Il s'en échappa en 1964 et s'enfuit en URSS.

En dehors de ces coups bas, le MI6 redevint efficace au cours des années 1960, grâce à une meilleure sécurité et des infiltrations réussies. Oleg Penkovsky photographia pendant deux ans plusieurs milliers de documents soviétiques, dont les manuels des fusées de l'Armée rouge qui permirent aux analystes du NPIC de reconnaître le déploiement des SS4 MRBM et des SS5 IRBM à Cuba en octobre 1962. D'autres opérations suivirent.

Dans les années 1970, le MI6 recrute Oleg Sergeivich Gordievsky, exfiltré de Moscou en 1984. L'impact réel des opérations du MI6 durant la seconde partie de la Guerre froide reste inconnu. On ne peut cependant ignorer l'efficacité de leurs infiltrations, notamment au Politburo, et de leurs informateurs, dont un membre du Second Directoire en chef du KGB qui leur envoya des informations sur la mobilisation des Forces alpha de 1991, qui leur assura une victoire.

Le MI6 participa à des opérations politiques, renversant le gouvernement de Mohammed Mossadeq (qui voulait nationaliser le pétrole) en Iran en 1953 (avec la collaboration de la CIA), la mise à l'écart de Patrice Lumumba au Congo en 1961, et le déclenchement d'un conflit interne entre les groupes paramilitaires Libanais vers la fin des années 1980, ce qui les occupa assez pour que les otages soient libérés.

Nombre d'opérateurs (espions) ont quitté le MI6. Ils ont pour la plupart retrouvé un travail dans le civil, ou ont été mutés à l'étranger. Vers la fin des années 1990, un ancien espion nommé Richard Tomlinson écrivit l'histoire de sa vie. Le MI6 tenta d'empêcher la publication, mais le livre est toujours disponible en ligne, gratuitement.

Fin de la Guerre froide à aujourd'hui:

Depuis 1994, les activités du MI6 sont l’objet de l’attention du Comité parlementaire de renseignement et de sécurité (Parliament's Intelligence and Security Committee).

Le 6 mai 2004, on annonça que John Scarlett, précédemment directeur du Joint Intelligence Committee, remplaçait Sir Richard Dearlove à la tête du MI6. Scarlett est un candidat plutôt étrange pour cette fonction car c'est un personnage habitué des écrans de télévision au Royaume-Uni suite à son témoignage dans l'enquête Hutton (relative au décès de l'expert en armement accusant le gouvernement britannique d'avoir falsifié le rapport sur les armes de destruction massive en Irak). Aucune photographie de son prédécesseur n’est connue en dehors de la photographie de sa remise de diplôme universitaire.

Depuis le 12 octobre 2005, le MI6 possède un site Web officiel, lequel donne un historique du service, ainsi que des offres de carrière. Les futurs agents sont formés au Fort de Monkton près de Porton Down.

Par Koloss - Publié dans : Services secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 05:47


Le Mossad , ce qui signifie « Institut pour les renseignements et les affaires spéciales », Mossad signifiant l’« Institut ») est l’agence de renseignement d’Israël.

Rôle:

Le Mossad fait partie des agences de renseignement israéliennes, comme l’Aman (renseignement militaire) et le Shabak (sécurité intérieure) entre autres, mais son directeur ne rend compte qu’au Premier ministre. Le domaine d'action du Mossad est le renseignement, les opérations spéciales et la lutte anti-terroristes, à l'extérieur d'Israël et des territoires palestiniens occupés (qui sont eux de la responsabilité du Shabak, autrefois Shin Beth, service intérieur de contre-espionnage et d'antiterrorisme). Son état-major est basé à Tel Aviv où environ 1500 personnes y seraient employées.

Le rôle et la fonction du Mossad sont comparables au Secret Intelligence Service britannique ou à la CIA. Mais il possède aussi ses particularités liées à l'histoire et la politique d'Israël, ainsi il est par exemple chargé de faciliter l'aliyah (retour en Israël) lorsqu’elle est interdite.

Histoire:

Le Mossad est né des survivances du SHAY, le service de renseignement de la Haganah, une milice juive clandestine chargée de la sécurité des habitants juifs en terre de Palestine depuis le début du XXe siècle. La Haganah (« défense » en hébreu) a notamment constitué le noyau dur de l’armée israélienne à la suite de la création de l’État d’Israël en mai 1948.

Le Mossad a été créé le 1er septembre 1951 par décret émanant du Premier ministre israélien David Ben Gourion afin de collecter des informations sur les menaces potentielles provenant des pays de la région. Son but, à l’époque,était de favoriser l’immigration malgré la surveillance anglaise.

Les départements du Mossad:

Le Mossad se compose de 8 divisions, mais le détail de l’organisation interne de l’agence n'est pas du domaine public.

    * L’information : la division de l’Information est la plus importante. Elle est responsable des opérations d’espionnage à l’étranger, à travers ses antennes officielles ou clandestines. Ce département se divise lui-même en bureaux, chacun d’entre eux étant responsable d’une zone géographique, des antennes qui s’y trouvent, et des agents qui y opèrent.

    * Recherche & Étude : la division de la Recherche est responsable de l’interprétation des renseignements. Elle fournit un rapport quotidien, un bulletin hebdomadaire et un carnet mensuel détaillé. Ce département se divise en 15 zones géographiques qui sont les États-Unis, le Canada, l’Europe de l'Ouest, la CEI, la Chine, le continent africain, le Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), la Libye, l'Égypte, l’Irak, la Jordanie, la Syrie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Iran. Un bureau annexe suit l’évolution des projets d’armement des pays voisins.

    * Guerre psychologique : cette division, appelée Loh’ama Psichologit, s’occupe de la guerre psychologique, de la propagande et des opérations de mystification.

    * Technologie & techniques.

    * Planification, coordination & relations internationales : la division des relations internationales s’occupe des relations et des opérations communes avec les agences des pays amis, mais aussi avec les pays n'entretenant pas de relations normalisées avec l’État d’Israël. Dans les antennes de grande importance comme Paris, le Mossad dispose, sous le couvert de l’ambassade, d'un responsable affilié à la division de l’Information, et d'un responsable des Relations Internationales.

    * La division des opérations spéciales : la division des opérations spéciales (METSADA en hébreu) conduit les opérations paramilitaires, de guerres psychologiques, de sabotage et d’assassinat.

    * Formation.
    * Administration.

Quelques opérations célèbres:

Eli Cohen est un célèbre espion israélien, recruté par le Mossad dans les années 1960. Ayant infiltré les hautes sphères du gouvernement syrien, Eli Cohen transmit des informations stratégiques à son pays pendant deux ans avant d’être démasqué. Malgré les protestations internationales, il fut pendu sur la place publique.

Un autre agent israélien, Wolfgang Lotz, se lia d'amitiés avec des hauts gradés de l’armée et de la police égyptienne, obtenant ainsi des informations précises sur les sites de missiles et sur le projet de missiles-fusées développé par des scientifiques allemands. Entre 1962 et 1963, une opération d’intimidation visant les Allemands obtient un grand succès, notamment avec l’assassinat de plusieurs responsables clés du projet égyptien.

En décembre 1969, le Mossad déroba huit vedettes commandées à la France, mises sous embargo par le général de Gaulle. L'opération fut popularisée comme l'affaire des vedettes de Cherbourg.

En 1960, le Mossad enlève le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, à Buenos Aires en Argentine, après plusieurs années de traque dirigé par Rafi Eitan. Eichmann fut conduit en Israël pour y être jugé et condamné à mort. Une opération similaire prévoyait la capture de Joseph Mengele, mais elle échoua.

Une autre capture visa à ramener Mordechaï Vanunu en Israël, après qu'il eut révélé à un quotidien anglais l’existence d’ogives nucléaires dans les sous-sols de la centrale nucléaire de Dimona, en plein désert du Néguev (sud d’Israël).

Durant les années 1970 sous l’impulsion du Premier ministre Golda Meir, le Mossad assassina plusieurs membres du groupe terroriste Septembre noir, responsable de la prise d'otages et du massacre de 11 athlètes israéliens aux jeux Olympiques de Munich en 1972.

En avril 1988, une unité spéciale envahit une résidence sous surveillance de Tunis et y tue Abou Jihad, bras droit de Yasser Arafat et responsable de la planification d'attentats contre Israël.

Gerald Bull, scientifique canadien et concepteur du projet de « Super Gun » (canon à très longue portée) pour l’Irak, est assassiné dans son appartement bruxellois en mars 1990, provoquant ainsi l’abandon du programme.

Cependant, comme tout service de renseignement, le Mossad connu également certain échecs retentissants.

Le 7 janvier 1974, à Lillehammer (Norvège), dans le cadre de l'opération Colère de Dieu, le Mossad assassine par erreur Ahmed Bouchiki, un serveur marocain, présentant une ressemblance frappante avec Ali Hassan Salameh, cerveau du massacre de 1972. Les agents impliqués dans cette opération sont arrêtés par la police. Cinq d’entre eux furent reconnus coupables et condamnés à de courtes peines de prison, bien que le gouvernement israélien nia avoir une quelconque responsabilité dans cette opération. Cependant en 1996, Israël versa à la famille Bouchiki des dommages et intérêts. Plus récemment, à la suite de la controverse sur la responsabilité des services de renseignements dans l’assassinat d’Yitzhak Rabin en novembre 1995, le directeur général du Mossad, Shabtaï Shavit est poussé à la démission. Le général Danny Yatom lui succède.

S.Pinhas agé de 22 ans Rav Samal "Officier" dans l'armée de Tsahal sera capturé et fait prisonnier en Syrie en 1973 pendant la guerre de Yom Kippour,à sa libération il intègre le mossad y est formé et son rôle sera déterminant dans l'arrestation en 1992 au Liban de deux dirigeants importants du "Hamas".

Le 24 septembre 1997, deux agents passent la frontière jordanienne munis de passeports canadiens, pour injecter un poison à l’un des leaders politiques du Hamas, Khaled Mechaal. Après avoir éxécuté leur mission, les deux agents sont découverts. La Jordanie négocie leur libération contre l'antidote du poison, qui permettra au numéro deux du Hamas de survivre, et la libération du fondateur du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine.

Par Koloss - Publié dans : Services secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 05:36



Le FSB ou « Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie » est un service secret de la Russie, chargé des affaires de sécurité intérieure. Le FSB est le principal successeur de l'ancien KGB, dissous en novembre 1991 après le putsch de Moscou.

Le siège du FSB est situé dans la Loubianka, à Moscou.


Présentation:

Le FSB est engagé principalement dans les affaires intérieures ; les fonctions de renseignement à l'étranger étant assurées par le SVR (anciennement Premier directorat du KGB). Toutefois le FSB inclut également le Service fédéral des communications et informations gouvernementales (FAPSI), impliqué dans la surveillance électronique à l'étranger. En outre, le FSB est compétent pour agir dans les territoires des anciennes républiques soviétiques, et il peut conduire des opérations militaires anti-terroristes n'importe où dans le monde sur ordre du président, suite à l'adoption des nouvelles lois anti-terrorisme. Tous les services d'ordre et de renseignements en Russie travaillent si nécessaire sous le contrôle du FSB : à titre d'exemple, le service de renseignement militaire (GRU), les forces spéciales militaires (Spetsnaz) et les détachements de troupes du Ministère de l'Intérieur russe (sorte de gendarmerie) travaillent sous la direction du FSB en Tchétchénie.

Le FSB est responsable de la sécurité intérieure de la Russie, du contre-espionnage, et de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et le trafic de drogue. Cependant, de nombreuses critiques soutiennent que le FSB est plus engagé dans l'élimination des dissidences internes, maintenant la population sous un contrôle permanent, et influençant les évènements politiques importants, à l'identique des actions passées du KGB. Il est ainsi reproché au FSB de mettre en œuvre une surveillance de masse et une variété de mesures actives, dont la désinformation, la propagande à travers les médias contrôlés par l'État, des provocations et persécutions d'opposants politiques, journalistes d'investigation ou dissidents.

Le FSB est une vaste et puissante organisation, rassemblant des fonctions et pouvoirs qui sont dans d'autres pays disséminés entre des services distincts. Le FSB commande également un contingent des troupes armées (troupes intérieures, spetsnaz) et un important réseau d'informateurs civils. Le nombre d'employés du FSB, comme son budget, demeurent un secret d'État, mais il a été rapporté une augmentation de presque 40% du budget en 2006. En 1992, le nombre d'employés liés à l'ex-KGB a été estimé à 500 000. Enfin, la majorité des hauts responsables politiques russes seraient liés au FSB ; Olga Kryshtanovskaya, a estimé que 78% des 1016 principaux responsables politiques russes ont travaillé précédemment dans une organisation affiliée au KGB ou au FSB.

 Activités officielles:

Contre-espionnage:

À propos des activités secrètes de contre-espionnage, le directeur du FSB Nikolaï Kovalev de l'époque déclarait en 1996 : « Il n'y a jamais eu autant d'espions arrêtés pour nous depuis le temps de la Seconde Guerre mondiale où des agents allemands étaient envoyés. ». Le FSB rapporte qu'environ 400 agents de renseignement étrangers ont été démasqués en 1995 et 1996. En 2006, le FSB signala environ 27 officiers de renseignement étrangers et 89 agents de l'étranger, dont les activités furent stoppées. Le bilan de l'année 2007 présenté par Nikolaï Patrouchev fait état de l'arrêt des activités de « 22 officiers de carrière et 71 agents des services spéciaux étrangers », alors que quatre ressortissants étrangers ont été expulsés pour espionnage.

Surveillance des frontières:

Le Service fédéral de surveillance des frontières (FPS) fait partie du FSB depuis 2003. La Russie possède 61 000 kilomètres de frontières terrestres et maritimes, dont 7 500 avec le Kazakhstan et 4 000 avec la Chine. La protection d'un kilomètre de frontière couterait environ 1 million de roubles par an. Vladimir Poutine appela le FPS à intensifier la lutte contre le terrorisme international.

Opérations anti-terroristes:

Au fil des années, le FSB et les services de sécurité affiliés ont exécuté tous les présidents de la République tchétchène d'Itchkérie, dont Djokhar Doudaïev, Zelimkhan Iandarbïev, Aslan Maskhadov et Abdoul-Khalim Saïdoullaïev. Peu avant sa mort, Saïdoullaïev prétendait que le gouvernement russe avait tué « traîtreusement » Maskhadov, après l'avoir invité à discuter et s'être engagé à propos d'une protection « au plus haut niveau ».

Parmi les personnes suspectées de terrorisme, une douzaine seulement ont été condamnées par des cours de justice pour des activités de terrorisme ou pour « encouragement à la haine nationale ». L'un des leaders de la guérilla islamiste, Chamil Bassaïev aurait été tué par les forces du FSB. Durant la prise d'otages du théâtre de Moscou, et la prise d'otages de Beslan, tous les preneurs d'otages furent exécutés sur place par les forces spéciales du FSB. Un témoin seulement a survécu, Nour-Pachi Koulaïev, et a été condamné plus tard par la justice. On signale que plus de 100 chefs des groupes terroristes ont été tués lors de 119 opérations dans le Caucase Nord durant l'année 2006.

Lutte contre la corruption et le crime organisé:

Le FSB coopère avec Interpol et d'autres forces de l'ordre nationales ou internationales dans la lutte contre la corruption et le crime organisé. À cet égard, il fournit des informations sur de nombreux groupes criminels russes œuvrant en europe. Le FSB a également été impliqué dans les demandes d'extradition de suspects de haute envergure s'étant enfuis à l'étranger, comme Alexandre Litvinenko, Oleg Kalougine, Akhmed Zakaïev, Leonid Nevzline, et Boris Berezovsky. Cependant ces demandes ont été refusées par les cours britanniques, américaines et israéliennes.


Critique des actions de FSB:

Le FSB comme élite politique:

Même en écartant des analyses trop spéculatives, l'influence du FSB sur l'élite politique russe est indéniable. La directrice du Centre d'étude des élites moscovite, Olga Kryshtanovskaya, estime que 78 % des 1 016 principaux responsables politiques russes ont travaillé précédemment dans une organisation affiliée au KGB ou FSB. Elle déclare : « Si pendant la période soviétique et la première période post-soviétique, les gens du KGB et FSB étaient principalement impliqués dans des affaires de sécurité, actuellement la moitié de ceux-ci est encore impliqués dans la sécurité, mais l'autre moitié est impliquée dans les affaires économiques, les partis politiques, les ONG, les gouvernements régionaux, même la culture... » L'importance des services de sécurité dans l'appareil politique russe est soulignée également par Jacques Baud, qui explique que les services secrets russes drainent traditionnellement une élite de personnes susceptibles d'ambitions politiques.

Cette main-mise d'une organisation sur l'élite du pays est peut-être comparable à celle de l'Union soviétique, où les postes clés du gouvernement étaient occupés par des membres du Parti communiste. Les liens entre le monde politique (ou économique) et le FSB sont encore accrus, par cet attachement inaliénable des ex-agents du KGB ou FSB envers leur ancien service. Comme le confirme Vladimir Poutine lui-même, il n'existe pas « d'ancien » membre du KGB. Olga Kryshtanovskaya Siloviks estime à cet égard, que les ex-agents des services de sécurité demeurent « au-dessus des lois », car ces « réservistes actifs » restent rémunérés et protégés par l'organisation.

Par Koloss - Publié dans : Services secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 05:07



La Central Intelligence Agency ou CIA (« Agence centrale de renseignement »), fondée en 1947 par la National Security Act, est l'une des agences de renseignements les plus connues des États-Unis. Elle est chargée de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors de ce pays.

Présentation:
Le quartier général de la CIA est actuellement et depuis 1961 sur le site de Langley, dans la ville de McLean en Virginie, aux États-Unis, à environ 40 km de Washington. Auparavant elle occupait des bâtiments délabrés connus sous le nom de Foggy Bottom, situés 2430 E Street à Washington DC. Elle a le droit de garder secrètes la plupart de ses caractéristiques : nombre d'employés, organigramme, budget, etc. On estime qu'elle emploierait environ 16 000 personnes rien qu'à son quartier général de Langley, et environ 100 000 au total dans le monde entier. Ses budgets successifs ne sont généralement pas connus. Actuellement il serait de 3 à 5 milliards de dollars selon les estimations. Le chiffre de 28 milliards est souvent cité car révélé en 1987 mais il s'agit du budget de toute l'Intelligence Community, dont la part de la CIA à l'époque n'était que d'un milliard.

Organisation:
-La CIA s'organise en quatre directions principales :
    * la National Clandestine Service remplaçant depuis 2005 la direction des opérations, qui est responsable de la collecte du renseignement et de la conduite d'opérations clandestines. Cette direction est également responsable du recrutement, de la formation et du suivi des agents de renseignements en poste à l’étranger.
    * la direction du renseignement, qui constitue la branche analyse de la CIA et qui est responsable de l’exploitation et de la diffusion du renseignement.
    * la direction scientifique et technologique, qui a pour mission de concevoir de nouvelles technologies pour l’aide à la recherche du renseignement.
    * la direction de l’administration qui est responsable de tout le soutien administratif de la CIA.
Sur le terrain, le chef de station de la CIA est le plus haut responsable qui est chargé de diriger les activités de la CIA dans une capitale donnée.

Rôles:
La CIA est chargée de fournir et d'analyser des informations sur les gouvernements, les entreprises et les individus de tous les pays du monde pour le compte du gouvernement américain. Elle est également chargée des opérations clandestines mais celles-ci, bien que souvent citées, ne représentent qu'environ 3 % des dépenses de l'agence.
Législation:
Actuellement la CIA est sérieusement réglementée et surveillée par les pouvoirs exécutifs et législatifs américains, bien que ce n'ait pas été toujours le cas par le passé.
De la création de la CIA au milieu des années 1970, aucun contrôle parlementaire n'a été établi sur « l'agence » (ni sur les autres services de renseignements américains). En 1975, deux commissions d'enquête parlementaires, dites commissions Church et Pike, auront droit d'enquêter sur les activités passées des services de renseignement.
Depuis 1975, le Congrès maintient deux commissions chargées de superviser les activités des services de renseignements américains, l'une, le SSCI (Senate Select Committee on Intelligence) dépendant du Sénat, l'autre, le HPSCI (House Permanent Select Committee on Intelligence), constituée par des membres de la chambre des représentants. Depuis cette époque, l'exécutif américain a établi un certain nombre de lois restreignant notamment les possibilités de mener des opérations clandestines, notamment par des Executive Orders émis par les présidents Gerald Ford (Executive Order 11 905), Jimmy Carter (E.O. 12 036) et Ronald Reagan (E.O. 12 333). La CIA n'a actuellement pas le droit de mener des actions sur le territoire des États-Unis, de mener des opérations clandestines sans en informer préalablement les commissions parlementaires, et, sauf ordre spécial du président des États-Unis, de mener ou contribuer à un assassinat.

Origine:
L'agence est la descendante de l'OSS, dissous en octobre 1945 ; William Donovan, son créateur, propose alors à Harry Truman la création d'une nouvelle agence directement sous l'autorité du président. En dépit de l'opposition des militaires, du Département d'État et du FBI, le président met en place le Central Intelligence Group en janvier 1946. En 1947, il est transformé en CIA. La NSA sera créée peu de temps après en 1952.
En 1949, la CIA obtient l'autorisation d'utiliser des procédures fiscales et administratives confidentielles et devient exemptée des limitations habituelles dans l'utilisation du budget fédéral. Elle obtient aussi l'autorisation de dissimuler son organisation, ses fonctions, sa hiérarchie, ses salariés et la taille de son personnel.

Début de la guerre froide et création de la CIA:
La CIA a été créée à cause de la montée de la guerre froide, ce qui explique qu'à l'origine toute l'action de l'« agence » (aussi bien le renseignement que les opérations clandestines) est initialement dirigée contre l'Union soviétique et le bloc communiste, considérés comme le principal adversary (principal adversaire) des États-Unis. La CIA est donc le principal élément de la politique du containment (endiguement) du communisme édictée par Harry Truman agissant au-delà du rideau de fer. Les actions de la CIA au départ concernent surtout l'Europe, considérée comme le futur champ de bataille de la troisième guerre mondiale. La CIA s'aide notamment (comme tous les services secrets en fait) d'anciens nazis comme le général Reinhard Gehlen, y compris des criminels de guerre qui échappent ainsi aux poursuites judiciaires ; de véritables réseaux dits ratline sont formés pour les faire fuir (à noter que les services anglais, français et soviétiques ont fait de même, mais qu'ils n'ont jamais révélé leurs secrets contrairement à la CIA)[réf. nécessaire]. Les actions de la CIA reprennent souvent les tactiques de l'OSS pendant la Seconde Guerre mondiale, comme la propagande et des liens avec des groupes de résistants. Le fait que la guerre avec l'URSS semble inévitable au début de la guerre froide fait que la CIA s'intéresse plus aux opérations qu'aux renseignements. Les actions de la CIA contre le communisme sont de plusieurs types :
    * les infiltrations d'agents pour animer des maquis anticommunistes dans les pays est-européens. Parmi les groupes soutenus figurent la résistance albanaise à Enver Hoxha qui fut décimée lors d'une tentative de renversement du pouvoir en avril-mai 1950 (sur 500 Albanais envoyés, on estime que 300 furent tués et une vingtaine faits prisonniers et exécutés par la suite), l'UPA ukrainienne et des groupes werwolf allemands (avec lesquels l'organisation de Reinhard Gehlen sert de lien). Ces opérations échoueront généralement, pour deux raisons : le fait qu'au moins une taupe des services soviétiques, le célèbre Kim Philby, était informée de ces opérations, dont les renseignements permirent souvent aux militaires communistes de neutraliser ces agents dès leur arrivée; mais aussi la mauvaise évaluation de la situation dans ces pays, qui prive généralement les maquis du soutien attendu de la part des populations locales. Ces maquis seront généralement anéantis à la fin des années 1940 ou au début des années 1950.
    * la constitution (en collaboration avec l'OTAN) de cellules « stay-behind » (littéralement : « laissés derrière »), c'est-à-dire de réseaux de résistance en Europe de l'ouest, devant être activées en cas d'occupation soviétique. La plupart des pays de l'Ouest en auront une; l'existence de ces réseaux sera rendue publique dans les années 1970. Le plus célèbre est le Gladio italien (en liaison avec la loge maçonnique P2), révélé dans les années 1980, qui regroupait des personnes proches de l'extrême-droite italienne. En 1952, l'United States Army ajoute une nouvelle composante indépendante de la CIA en créant les Special Forces ou « bérets verts », force spéciale destinée à agir dans les lignes ennemies et à encadrer des maquis qui se formeraient en temps de guerre.
    * la propagande anticommuniste vers les pays est-européens, notamment par les stations de radio Radio Liberty, lancée en 1948, et Radio Free Europe à partir de 1950, et dans une moindre mesure par l'USIA (US Information Agency) créée en 1953.
    * la lutte contre les partis communistes ouest-européens, notamment en France (financement du syndicat non communiste Force ouvrière) et en Italie : 75 millions de dollars furent utilisés pour le financement de la Démocratie chrétienne, pour la propagande et l'aide logistique avant les élections d'avril 1948, qui donnèrent aux chrétiens-démocrates 48,5% des voix et rendirent le Parti communiste italien financé par le Parti communiste soviétique minoritaire.
    * la constitution de réseaux de renseignement dans les territoires communistes, initialement pour connaître les plans militaires soviétiques d'une invasion de l'Europe. Les Américains sont là aussi largement aidés par les Allemands avec la collaboration de la Gehlen Org, réseau de renseignements du général Reinhard Gehlen qui deviendra plus tard les services de renseignements de la RFA.

Espionnage et coups d'État:
Après les premières années de la Guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique comprennent que du fait de la dissuasion nucléaire la guerre a peu de chance d'éclater. Dès lors les affrontements changent et s'étendent partout dans le monde. De son coté, la CIA a compris que le bloc soviétique est bien trop solide pour espérer le voir s'effondrer par ses opérations clandestines comme la tentative du coup d'état en Albanie. La CIA commence à opérer hors d'Europe, en Asie-Pacifique notamment à partir de la guerre de Corée, mais ses actions en Corée du Nord sont généralement décevantes, ce qui motive la création par l'US Army des Special Forces en 1952. Parallèlement, dans le bloc soviétique, les opérations paramilitaires sont abandonnées et la collecte du renseignement s'intensifie et se diversifie : renseignements militaires, politiques, scientifiques… C'est ainsi que (pour ne citer que les cas les plus célèbres) au milieu des années 1950 des agents de la CIA creusèrent un tunnel à partir de Berlin-Ouest pour atteindre des câbles souterrains de communications militaires soviétiques sous Berlin-Est et les mettre sur écoute, et qu'est développé l'avion espion U-2 suivit du célébre trisonique SR-71 dont la dernière mission pour la CIA intervint en juin 1968. Mais en URSS, bon nombre de tentatives de renseignement, en particulier des défections, sont bloquées par James Jesus Angleton, le chef du contre-espionnage de la CIA qui est persuadé de l'infiltration de ses services par le KGB. Bien que la priorité de la CIA, dès sa création en 1947, soit le Bloc communiste, durant plusieurs années, l'Agence ne put y envoyer ses officiers sous couverture diplomatique, se heurtant aux objections du Département d'État américain.
Il faudra attendre 1953 pour que le premier officier de la CIA arrive en poste a Moscou. Ce sera Edward Ellis Smith, qui devait normalement traiter Piotr Popov, un officier du GRU recruté en Autriche. Mauvais départ : Smith sera compromis par le KGB, en lui jetant dans les bras une séduisante femme de chambre, et il sera rappelé d'urgence en 1956.
Les États-Unis et l'URSS vont rapidement se lancer dans une nouvelle rivalité : installer des gouvernements alliés dans un maximum de pays. C'est là que la CIA va mener la plupart de ses actions dans les décennies suivantes, en renversant des pouvoirs considérés comme hostiles.
    * Opération TP/AJAX : renversement du gouvernement de Mossadegh en Iran en 1954 et le retour du Shah Mohammad Reza Pahlavi.
    * OpérationPB/SUCCESS : renversement de Jacobo Arbenz Guzmán au Guatemala et mise en place d'une junte dirigée par Carlos Castillo Armas le 18 juin 1954. On a souvent cité le fait que Allen Dulles, alors DCI, et John Foster Dulles, secrétaire d'État du président Eisenhower, siégeaient au conseil d'administration de la United Fruit Company, dont certaines terres avaient été nationalisées sous Arbenz.
    * renversement de Patrice Lumumba au Congo par Mobutu Sese Seko fin 1960.
    * renversement du gouvernement Salvador Allende au Chili par un coup d'État, et son remplacement par Augusto Pinochet.
Également pour contrer l'influence communiste, la CIA parvient à se procurer une copie du rapport secret de Nikita Khrouchtchev dénonçant les crimes de Staline au XXe congrès du PCUS, qui est publiée dans le New York Times le 16 mars 1956 (le discours de Khrouchtchev a eu lieu le 25 février).
Mais la CIA va échouer sur ses tentatives de renversement de Castro à Cuba, notamment avec le retentissant échec du débarquement de la Baie des Cochons le 16 avril 1961, puis plusieurs tentatives d'assassinat du dirigeant cubain (voir opération Mongoose). À la suite de ces échecs, Allen Dulles, son DDCI Charles Cabell et le DD-P Richard Bissell sont contraints, par le président John Fitzgerald Kennedy, de démissionner. Celui-ci cherche à reprendre le contrôle de la CIA, devenue un « État dans l'État » en nommant des dirigeants qui lui sont fidèles. Kennedy sera assassiné à Dallas le 22 novembre 1963, et certains partisans de la théorie du complot soupçonnent l'implication d'agents et/ou ex-agents de la CIA dans ce meurtre (voir les pages assassinat de John F. Kennedy et théories dans l'assassinat de Kennedy).
Face à la difficulté d'infiltrer des agents dans les régimes communistes qui sont généralement des états policiers et les limites des reconnaissances aériennes, le renseignement d'origine électromagnétique sera très utilisé par l'Agence en collaboration avec les autres services comme la National Security Agency.

 L'après-guerre froide:
Nouvelles missions:
Mikhaïl Gorbatchev avait déclaré peu après la chute de l'URSS : « J'ai fait la pire chose qui pouvait arriver aux États-Unis : je leur ai enlevé leur meilleur ennemi ». Cette remarque s'applique particulièrement à la CIA, dont la structure avait été créée pour lutter contre le communisme et l'URSS. À partir de la fin des années 1980 et de la direction de Robert Gates, la CIA cherche à s'adapter à la nouvelle situation mondiale et aux nouveaux problèmes qui menacent les États-Unis telle la guerre économique. Toutefois elle a eu tendance à adopter un comportement bureaucratique et à manquer d'efficacité. La CIA a ainsi été très critiquée aux États-Unis pour son absence de prévision du 11 septembre 2001. Depuis, l'Islam fondamentaliste est le nouvel ennemi prioritaire de la CIA dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

Prisons secrètes:
Le journal The Washington Post révèle l'existence d'un réseau mondial de prisons secrètes géré par la CIA. Le quotidien précise que de telles prisons se trouveraient entre autres en Afghanistan et dans des pays d'Europe de l'Est ; il est aussi expliqué que ces prisons se situeraient à l'étranger en raison du caractère illégal de telles prisons aux États-Unis, les détenus n'ayant aucun statut juridique.
La CIA contrôlerait des prisons secrètes dans plusieurs pays européens, en Roumanie, au Kosovo, en Macédoine, en Bulgarie et en Ukraine.
Le président George W. Bush a reconnu le 6 septembre 2006 pour la première fois l'existence de prisons secrètes de la CIA hors du territoire américain, dans lequel il reconnaît implicitement l'usage de la torture : « La source d'information la plus importante sur les endroits où les terroristes se cachent et sur ce qu'ils préparent sont les terroristes eux-mêmes. ».

 Opérations à l'étranger:
Actions politiques:
La CIA a régulièrement influencé de façon décisive l'histoire politique des États jugés stratégiques pour les intérêts des États-Unis. Elle a soutenu de nombreux mouvements luttant contre des régimes hostiles, en favorisant le déclenchement de conflits - armés (particulièrement en Amérique latine, dans le monde arabe ou en Asie) ou non armés (Solidarność, en Pologne).
Les opérations les plus célèbres de la CIA sont :
    * Le renversement du premier ministre Mohammad Mossadegh, en Iran en 1953 via l'opération Ajax.
    * En 1954, au Guatemala, renversement du président Jacobo Arbenz, et mise en place du dictateur Carlos Castillo Armas via l'opération PBSUCCESS.
    * En 1961, dans le cadre de l'opération menée contre Fidel Castro à Cuba, entraînement des exilés cubains anti-castristes pour le débarquement de la Baie des Cochons.
    * L'opération Mongoose de 1962 à 1975 (autre opération menée contre Fidel Castro).
    * Au Laos, de 1962 à 1975, organisation d'une armée laotienne, connue sous le nom d'armée secrète.
    * Programme Phoenix durant la guerre du Vietnam.
    * Coup d'état au Cambodge le 18 mars 1970, avec l'aide du Maréchal Lon Nol, renversement du roi Norodom Sihanouk.
    * Le soutien au coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili contre Salvador Allende, puis la participation active à l'Opération Condor.
    * En 1974, la récupération d'un sous-marin soviétique qui avait coulé près d'Hawaii (Projet Jennifer).
    * La lutte contre l'Union soviétique en Afghanistan dans les années 1980, alliée à l'Inter-Services Intelligence (services secrets pakistanais) et aux services saoudiens, formant des moudjahiddins, entre autres Oussama Ben Laden et ce qui deviendra plus tard Al-Qaida.
    * Aide à l'Iraq durant la guerre Iran-Irak.
    * L'affaire Iran-Contra, touchant l'Iran et le Nicaragua.
    * En 1989, la CIA, en coordination avec la DGSE et le Secret Intelligence Service, réussit a faire exfiltrer plusieurs centaines de dissidents politiques chinois suite à la repression des manifestations de la place Tian'anmen dans le cadre de l'opération Yellow Bird ordonné par George Bush.
    * Depuis les années 1990, elle est soupçonnée de pratiquer l'extraordinary rendition, pratique consistant à enlever une personne et à l'envoyer en secret dans un pays où la torture est pratiquée pour qu'elle y soit interrogée. L'Italie a pour la première fois engagé des poursuites en justice contre ces actions en 2005, suite à l'enlèvement d'un Égyptien à Milan.

Effectifs, recrutement et formation:
Forte de 17 000 employés, la CIA dispose d'un budget annuel estimé à 3,1 milliards de dollars.
Après avoir subi une forte baisse des effectifs concernant les agents « sur le terrain » depuis la fin de la guerre froide au profit du renseignement électronique et de la sous-traitance par d'autres services américaines (la NSA notamment) et alliés, les événements du 11 septembre 2001 ont fait prendre conscience des lacunes des services de renseignement américains, qui s'efforcent depuis de les combler.
En 2003, la plus importante promotion de nouveaux agents de la CIA depuis 50 ans est arrivée. Elle est composé à 70 % de civils n'ayant jamais travaillé pour le gouvernement et d'un tiers de femmes, 12 % des recrutés sont issus de minorités ethniques et presque tous pratiquent avec aisance une langue étrangère.
Formés durant un an au centre d'entraînement de la CIA à camp Peary près de Williamsburg baptisé « La Ferme », ces recrues ont intégré le siège de Langley avec un salaire de départ de 45 000 à 60 000 dollars. Il existe un autre centre de formation aux actions clandestines situé à Harvey Point près d'Elisabeth City. Ces personnes ont été choisies parmi les 300 000 CV que l'agence a reçus entre 2001 et 2002, un quart provenant de l'étranger, le plus souvent de citoyens européens. Seuls les citoyens américains peuvent postuler à la CIA.
Par Koloss - Publié dans : Services secrets
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus