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Groupes occultes

Jeudi 9 mars 2006

Présentation générale:

C'est un ensemble de personnes qui ont un objectif commun et qui possèdent un certain nombre de connaissances qu'elles cachent au grand public afin de maintenir leur supériorité sur ce dernier et l'amener à adopter la conduite qu'elles veulent le voir adopter. Parcequ'elles savent, ces personnes s'appellent les Illuminati (les éclairés, ceux qui savent). Les Illuminati ne désirent pas que quiconque puisse avoir le droit de tout savoir.

Ils ont existé sous diverses formes durant des siècles (ceux qui voulaient le pouvoir grâce à leurs connaissances et en maintenant les masses dans l'ignorance); mais il ne faut pas croire que les ères d'obscurantisme ont disparu: la connaissance circule effectivement librement aujourd'hui, et chacun est libre d'apprendre ce qu'il veut, mais cette liberté est contenue dans le cadre de la connaissance qui est "contrôlée et estampillée" par les services officiels de l'éducation, et les tenants en titre du savoir officiellement reconnu (scientifiques, historiens, sociologues,économistes,etc réputés). Or, il y a tout lieu de croire qu'une vaste quantité de connaissances reste à être découvertes et surtout qu'un petit nombre de personnes en détiennent déjà quelques unes d'importance majeure, mais ne les dévoilent pas (contrôle énergétique, contrôle économique ) .Ces personnes ne sont pas de simples particuliers, mais des responsables de multinationales, de banques, de trusts mondiaux, de hauts responsables politiques,...qui ont de par leur situation la possibilité de contrôler et d'utiliser les connaissances dans les domaines les plus sensibles, et ceci dans un but bien particulier: une restructuration complète du fonctionnement du monde à travers l'acceptation commune des pays du globe de laisser s'instaurer un gouvernement mondial. Ce peut être une noble idéologie ou bien un de ces "chemins pavés de bonnes intentions et qui mènent vers l'enfer", mais tant que leurs agissements restent volontairement cachés du grand public, quelles qu'en soient les raisons, nous serons nombreux à essayer au contraire d'informer les gens, à eux de décider du bien et du mal pour eux-mêmes, et non à d'autres.

Plan des Illuminati:

Leurs objectifs actuels ont été élaborés en 1773 : préparer la voie pour leur Gouvernement Mondial unique jusqu'à environ l'an 2000 au moyen de trois guerres mondiales. Cet objectif est connu depuis le 19ème siècle et a été exécuté (la troisième guerre mondiale est en cours depuis les années 1950: c'est la guerre économique.Ce plan de longue haleine a été poursuivi depuis 2 siècles par des personnes différentes, grâce au soutien économique de riches et puissantes familles.Des adeptes de l'idéologie ont été recrutés au cours du temps grâce à des sociétés secrètes oeuvrant dans les hautes sphères économiques et politiques et c'est avec grande ingéniosité et patience qu'aujourd'hui la grande majorité des classes dirigeantes influentes et des trusts économiques font partie des adeptes de leur grande idée. Ils ont maintenant les moyens de réaliser leurs ambitions qui sont d'envergure mondiale, comme nous le voyons à travers les documents sur le Groupe Bilderberg, la commission Trilatérale et le CFR.



Petit historique:


Les Illuminati:

C'est au 14ème siècle que surgirent pour la première fois les Illuminati, en Allemagne. Ils étaient les plus grands "initiés" d'une société secrète appelée la Confrérie du Serpent (le mot biblique originel pour serpent, nahash, découle de la racine nhsh qui signifie déchiffrer, découvrir et illuminati provient de illuminare qui signifie illuminer, connaître, savoir, en latin). L'histoire du moyen-âge regorge de ce genre de sociétés secrètes réunissant certaines personnes ayant des buts idéologiques particuliers at sachant recruter ses membres parmis les riches et influents afin d'essayer d'accroître son impact et ses idées. Citons à titre d'exemple une très célèbre société secrète chrétienne qui a été tellement puissante et riche que même le roi de France les a craint en tant que principal débiteur (ils étaient plus riche que lui et possédaient de nombreux chateaux à travers le pays indépendants du régime de France et donc du roi) et les a exterminés: les Templiers.

Les Sages de Sion:

Une organisation secrète très influente exerçait un contrôle sur l'Angleterre. Les riches rabbins juifs de l'époque, qui étaient les dirigeants politiques et religieux du peuple juif anéanti unirent leur force dans un groupe connu sous le nom de Sages de Sion. Ils intriguèrent beaucoup et projetèrent la révolution anglaise en Hollande de 1640 à 1689. En prêtant de l'argent à qui il fallait et en soutenant et aidant un duc Allemand appelé Guillaume II , ils obtinrent la redevabilité du roi Guillaume III d'Angleterre, fils de Guillaume II, qu'ils avaient aidé à monter au pouvoir en renversant les Stuarts du trône d'Angleterre (que d'intrigues!). En échange ce dernier persuada le Trésor Britannique d'emprunter de l'argent aux banquiers juifs affiliés aux Sages de Sion, et la dette de l'état augmentant très vite, ce dernier dut acquiescer aux conditions exigées qui permirent l'instauration de la première banque centrale privée: la Banque d'Angleterre.

Les Rothschild:

La maison Rothschild est un centre important dans l'affairisme bancaire international. Leur fortune originelle provient d'habiles transactions financières de Mayer Amschel, qui avait acheté une banque à Francfort en 1750, à la suite desquelles débuta pour eux le commerce bancaire international. Chacun des fils de Mayer ouvrit une banque dans un pays différent: à Berlin, Vienne, Paris et Naples. Mayer écrivit son testament dans lequel il indiquait comment la fortune de famille devait être gérée par l'avenir et il indiquait que les comptes devaient rester secrets, en particulier pour le gouvernement (et l'histoire montre que les Rothschild sont un des empires bancaires actuels les plus importants du monde). En 1773, Mayer Amschel Rothschild aurait rencontré les Sages de Sion à Francfort pour mettre à l'étude un projet qui contrôlerait toute la fortune mondiale. Ils soulignèrent le fait que la fondation de la Banque d'Angleterre avait permis d'exercer une influence considérable sur la fortune anglaise et déclarèrent aussi qu'il serait nécessaire que cette banque exerce un contrôle absolu afin qu'ils puissent créer les bases qui permettraient de contrôler la fortune mondiale. Ils en retinrent les grandes lignes par écrit et ce plan aurait fini par être connu sous le nom de des Sages de Sion. L'origine de ce protocole remonte en fait à des siècles en arrière et ils auraient été remaniés par Rothschild avant d'acquérir leur vraie signification. C'est aussi Mayer Amschel qui aurait fondé les plans pour creer la sociéte secrète des "Illuminés de Bavière" et désigné son créateur, Adam Weishaupt, société qui va prendre une tournure importante et rassemblera de nombreux Illuminati. Les buts des illuminati incarnés par la société secrète des "Illuminés de Bavière" sont exposés dans le document Armes silencieuses pour des guerres sans bruit( dispo dans toute les bibliotheques ). On associe souvent les Illuminati comme étant les" Illuminés de Bavière", mais bien que les Illuminati soient en fait plus anciens, cette assimilation est sans importance car ce qui compte, c'est ce qu'ils veulent faire; se perdre dans des détails historiques étant en fait sans importance.

Les Illuminati de Bavière:

Les "Illuminés de Bavière"étaient organisée en cercles concentriques et dès qu'un initié prouvait sa faculté de garder un secret, il était admis dans un cercle plus restreint et lié à des secrets encore plus profonds. Seuls ceux qui se trouvaient dans le plus petit cercle connaissaient les vrais buts des "Illuminés de Bavière". Ils étaient divisée en 13 grades symbolisés par les 13 marches de la pyramide représentée sur le billet d'un dollar américain.
Le fondateur de la société s'y entendait pour attirer dans son ordre les esprits les meilleurs et les plus éclairés qu'il choisissait dans la haute finance, l'industrie, l'éducation et la littérature. Il utilisait la corruption par l'argent et le sexe pour contrôler les personnes haut placées et il les faisait chanter pour être sûr de les garder sous son contrôle. Les illuminés de Bavière se mirent à conseiller des gens du gouvernement en se servant des adeptes aux grades supérieurs.Ces spécialistes s'y entendaient pour donner aux politiciens en place les conseils pour qu'ils adoptent une certaine forme de politique qui correspondait à leurs visées.
En 1777, Weishaupt fut initié à la loge franc-maçonnique de Münich qu'il eut tôt fait d'infiltrer. En 1782 l'alliance entre les francs-maçons et les "Illuminés de Bavière" fut scellée à Wilhelmsbad. En contrôlant les "Illuminés de Bavière", les Rothschild exerçaient maintenant une infuence directe sur d'autres loges secrètes importantes. Des documents montrent qu'ils ont manipulé les idées et qu'ils ont été des initiateurs de la révolution française entre autres.

La conquête des USA:

Les Etats-Unis ont eu leur déclaration d'indépendance signée en 1776. Ce pays en création était pour les Rothschild l'occasion de créer de vastes et puissants nouveaux réseaux bancaires. Benjamin Franklin et Thomas Jefferson étaient opposés à l'idée d'une banque centrale privée qui contrôlerait la monnaie américaine. Après la mort de Benjamin Franklin en 1790, les agents de Rothschild promurent Alexander Hamilton au poste de ministre des Finances. Celui-ci créa la First National Bank of the United States, la première banque centrale américaine. Elle était structurée comme la Banque d'Angleterre et contrôlée par les Rothschild. Après moultes endettements des USA envers cette banque, elle est devenue la Federal Reserve Bank et aujourd'hui la banque centrale américaine. Lors de la guerre de sécession, la banque Rothschild de Londres finança les Etats du Sud, celle de Paris, les Etats du Nord. Résultat: les Rothschild vainqueurs et les américains du sud et du nord vaincus.
A travers leur influence par la franc-maçonnerie dont 1/3 des présidents américains ont fait partie et qui sont largement représentés au Sénat et au Congrès américains (Le sceau américain, la pyramide à l'oeil qui voit tout, les armoiries de l'Etat au verso du sceau, le phénix ainsi que la bannière d'origine avec les 13 étoiles et les 13 rayures sont d'anciens et importants symboles francs-maçonniques; de plus sur ce même billet de un dollar il est écrit sur la pyramide: Novus Ordo Seclorum ce qui en latin signifie: Le Nouvel Ordre des Siècles, que nous pourrions réactualiser en: Le Nouvel Ordre Mondial), les Rothschild ont pu avoir les appuis nécessaires à l'édification de leur fortune et de leur contrôle aux USA. Ceci permet d'expliquer pourquoi c'est ce pays qui est "choisi" par le gouvernement mondial comme "base" stratégique.

Plan pour des guerres mondiales:

Dans une lettre du 15 août 1871, un plan décrivant la "conquête" du monde par trois guerres mondiales pour ériger le Nouvel Ordre Mondial est décrit, que l'on peut résumer ainsi:

La Première Guerre Mondiale devait être mise en scène pour que les Illuminés de Bavière aient un contrôle direct sur la Russie des tsars. A la suite de quoi la Russie pourrait être utilisée comme la bête noire qui servirait les desseins des Illuminés de Bavière à l'échelle mondiale.
La Deuxième Guerre Mondiale serait créée de toute pièces en manipulant les divergences d'opinions régnant entre les nationalistes allemands et les sionistes politiquement engagés. Cela amènerait la Russie à étendre sa zone d'influence et entraînerait la création d'un Etat d'Israël en Palestine.
La plan de la Troisième Guerre Mondiale serait basé sur les divergences d'opinions que les Illuminés auraient créées entre les sionistes et les Arabes. On programmerait une extension du conflit à l'échelle mondiale. Une partie de la troisième guerre mondiale consisterait à confronter nihilistes et athées pour provoquer un renversement social qui verrait le jour après des affrontements d'une brutalité et d'une bestialité jamais vues.
On peut évidemment se dire que ces plans peuvent avoir été remaniés et repensé, améliorés au vu de nouveaux facteurs , mais on voit là les grands traits de leurs idées: manipuler la politique à travers des individus bien particuliers, et de larges puissances économiques qui ont le choix de financer ou non les politiques qui sont conformes à leurs idées, décidant ainsi des vainqueurs dans les conflits, souvent après les avoir faits provoqués par manipulation polotique et financière dans ce but.

Aujourd'hui tout juste entré dans un nouveau millenaire ; les Illuminatis sont encore bel et present dans notre vie quotidienne et rien pour le moment ne peux les arreter !
Par Koloss
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Vendredi 10 mars 2006
Au sein de la très élitiste et puritaine université de Yale sont co-optés chaque année quinze fils de très bonne famille. Ils forment une société secrète aux rituels morbides : les Skull and Bones (Crâne et os). Tout au long de leur vie, ils se soutiennent et s'entraident face aux velléités démocratiques d'une plèbe qu'ils abhorrent. Les deux candidats à la dernière élection présidentielle, George W. Bush et John Kerry, loin d'être des adversaires, s'y côtoyaient en secret depuis trente-six ans. Alexandra Robbins a consacré aux Booners une enquête qui fait référence.

L'association des Skull & Bones nourrit une importante littérature conspirationniste, qui rend responsable ses membres du scandale du Watergate, de l'invasion de la Baie des Cochons ou encore de l'assassinat de John F. Kennedy. Par ses connexions avec le milieu des affaires, notamment le secteur bancaire, ces anciens potaches de l'université de Yale contrôleraient la finance mondiale, voire l'avenir de la planète. Les Skull & Bones auraient d'ailleurs noyauté le Council on Foreign Relations, la Commission Trilatérale, la CIA, etc.

Il n'est pas question de discuter dans Voltaire, une publication laïque, de l'ésotérisme pratiqué au sein de cette organisation au cours des rites d'initiation, ou des cérémonies annuelles, mais d'analyser sa fonction sociale et son éventuel rôle politique. Les Skull & Bones illustrent surtout comment, aux États-Unis, s'est perfectionné un système de reproduction des élites par le biais d'une sélection qui, contrairement au mythe du self-made man, ne doit rien au hasard ou aux qualités individuelles. En effet, comme le souligne Anthony Sutton, les membres les plus actifs de l'organisation viennent d'un « noyau d'environ 20 à 30 familles », attachées à la défense de leur héritage et de leur lignée. Il existe ainsi de nombreux mariages entre des représentants des familles membres des Skull & Bones, bien que seuls les étudiants mâles aient pu, jusqu'à une date récente, adhérer à l'organisation.

Yale, une université puritaine et élitiste :

Les Skull & Bones sont nés sur le campus de l'université de Yale. Un choix qui, selon la remarquable enquête de la journaliste de l' Atlantic Monthly, Alexandra Robbins, ne doit rien au hasard.

Au début du XVIIIe siècle, l'ensemble des universités états-uniennes, qu'il s'agisse d'Harvard, Dartmouth, Williams, Bowdoin, Middlebury ou encore Amherst, ont été fondées par des Congrégationnalistes. Mais ils subissent alors la concurrence des Presbytériens, ce qui incite le président d'Harvard, Increase Mather, à agir. En 1701, il quitte son poste et créée une nouvelle université, « afin que l'Intérêt de la Religion soit préservé, et que la Vérité soit transmise aux générations futures ». Avec l'aide de dix pasteurs, dont neuf viennent d'Harvard, il parvient ainsi à fonder le Collegiate School of Connecticut. En 1711, Isaac Newton, Richard Steel et Elihu Yale sont approchés pour transmettre des livres de leur collection personnelle à la jeune institution. Les contacts avec Yale, devenu extrêmement riche grâce à ses activités au sein de la Compagnie des Indes orientales et en tant que gouverneur de la colonie de Madras, sont particulièrement fructueux. Non content de fournir des livres, il finance également largement l'université, qui lui rend hommage en prenant son nom, à partir de 1720, Yale University.

Les liens avec le congrégationnalisme garantissent le puritanisme de l'enseignement et du mode de fonctionnement de Yale. Les étudiants et professeurs doivent prononcer une profession de foi à leur entrée dans l'établissement, et peuvent être renvoyés si leur sincérité est sérieusement mise en doute. À ce puritanisme s'ajoute un élitisme forcené : les étudiants sont classés, dès leur arrivée à Yale, non pas en fonction de leurs capacités, mais de la position sociale de leurs parents. En tête de classe, les fils ou petit-fils de gouverneurs, de vice-gouverneurs. Puis viennent les membres des familles de juges de la Cour suprême. Un plus bas dans le classement, on trouve les fils de pasteurs et d'anciens élèves. En queue de peloton, les fils de fermiers, de marchands et d'artisans. Ce classement décide de la place attribuée à chaque élève dans les salles de classe, à la chapelle et à la cantine. Le plus étonnant, note Alexandra Robbins, n'est pas que ce classement d'entrée dépende du statut social de la famille de l'élève, chose courante dans beaucoup d'universités au XVIIIe siècle, mais plutôt qu'il n'évolue pas avec la scolarité. Ainsi Yale devient l'exemple idéal-typique d'une institution reproduisant les élites et leur hiérarchie interne. Le déclassement est en général occasionné par un manquement disciplinaire, et sanctionne le fait que l'élève a ainsi entaché l'honneur de sa famille.

Il faut ajouter à ce mode de fonctionnement peu banal la licence explicitement donnée aux élèves plus âgés de bizuter, voire de brimer et d'humilier les étudiants des classes inférieures. Le règlement prévoit une série de mesures visant à assurer le respect de la hiérarchie la plus arbitraire, fondée uniquement sur l'âge. Lyman Bagg a raconté dans un ouvrage, Quatre ans à Yale, paru anonymement en 1871, comment il analysait les mécanismes mis en place par l'institution. Ces pratiques autorisées reflètent selon lui le « pouvoir énorme des "coutumes" de l'école dans la création d'une folie temporaire qui fait des hommes faibles des êtres cruels et des hommes bons des êtres sans pitié ».

Cette propension à l'élitisme, à la hiérarchie brutale et au puritanisme incite les élèves, à la fin du XVIIIe siècle, à monter plusieurs sociétés parallèles à l'université. Il s'agit au départ d'associations littéraires, telles que Linonia et Brothers in Unity. L'ensemble des élèves est appelé à adhérer à l'une ou l'autre des organisations. Ce qui n'est pas assez élitiste pour ceux qui souhaitent une stricte reproduction de la nouvelle « aristocratie » états-unienne. En 1780 la branche Alpha de l'organisation Phi Betta Kappa est fondée à Yale. Plusieurs autres sociétés fleurissent à l'époque : la Beethoven Society, l'Hexahedron Club... Petit à petit, les salons littéraires perdent de leur importance, remplacés par des sociétés secrètes, plus élitistes et plus fermées. Au milieu du XIXe siècle, on en dénombre trois principales : les Skull and Bones (Crâne et os), les Scroll and Key (Parchemin et clé) et Wolf's Head (Tête de loup).

Parallèlement, le corps enseignant de Yale décide de suivre le mouvement. Six ans après la création de Skull & Bones, six membres de l'élite enseignante de l'université se réunissent au sein du « Club », bientôt appelé le « Old Man's Club ». Parmi ses six membres fondateurs, on trouve les professeurs Josiah Willard Gibbs et Theodore Dwight Woolsey. Bientôt, l'organisation comptera dans ses rangs William Howard Taft, le futur chief justice du Connecticut Simeon E. Baldwin, l'universitaire Thomas Bergin, le neurochirurgien Harvey Cushing, et le fondateur des Skull & Bones, William H. Russell. Seuls Thomas Bergin et Harvey Cushing ne deviendront pas, par ailleurs membre des Skull & Bones.

La guerre de l'opium :

L'université de Yale était un terreau particulièrement fertile pour qu'y prospère une société secrète aussi élitiste et influente que les Skull & Bones. Mais le succès de cette organisation secrète doit aussi beaucoup à la personnalité de son fondateur, William H. Russell. Celui-ci appartient à la grande famille Russell, dont l'un des membres, le révérend Noadah Russell, membre éminent de l'Église congrétionnaliste, a participé à la création de Yale. La famille Russell s'est également impliquée dans la grande guerre de l'opium qui oppose le Royaume-Uni à la Chine dans la première moitié du XIXe siècle.

À la fin du XVIIIe siècle, l'opium cultivé au Bengale avec la bénédiction de l'Angleterre est soumis à un monopole d'exploitation confié à la Compagnie des Indes orientales, une société qui dépend directement de la Couronne et à laquelle Elihu Yale a participé par le passé. La guerre de l'opium, qui commence vers 1815, vise à introduire de force cette drogue sur l'énorme marché chinois. De 320 tonnes annuelles en 1792, la contrebande d'opium atteint 480 tonnes en 1817, puis 3200 tonnes en 1837. La Chine demande alors à la reine Victoria de faire cesser le trafic. La souveraine fait savoir que les revenus ainsi engrangés par le Royaume-Uni sont trop importants pour qu'elle décide d'y renoncer. La tension monte entre Pékin et Londres : en février 1839, un trafiquant chinois est exécuté devant les représentations cantonaises des commerçants britanniques. En juin 1839, la Couronne accepte de détruire d'importantes cargaisons d'opium. De nombreux Anglais quittent alors Canton et Macao pour relancer le trafic d'un peu plus loin, sous la protection officielle de la marine britannique. Dans ces conditions, l'incident est inévitable : le 4 septembre, c'est la première bataille navale de la guerre de l'opium, qui aboutit à la destruction de nombreux navires chinois. Ces affrontements révèlent « la faiblesse des jonques de guerre chinoise et la sanglante détermination des protestants anglais pour que soient victorieux les principes du libéralisme fondé sur le trafic de l'opium ».

Samuel Russell, cousin de William Russell, est un important protagoniste de la guerre de l'opium. De nationalité états-unienne, il est le fondateur de la Russell & Company en 1813, qui va concurrencer, dans les années 1820, la domination britannique sur le trafic de drogue en direction de la Chine. L'un des membres éminents de la société était Warren Delano, Jr, le grand-père de Franklin Delano Roosevelt.

Du club Eulogie aux Skull and Bones :

C'est dans ce contexte que William Russell crée les Skull & Bones, en 1832. Il est difficile d'établir avec précision dans quelles circonstances. Il s'agirait, au départ, d'une réaction à l'exclusion d'un membre des Phi Beta Kappa, Eleazar Kingsbury Forster. Indigné par le procédé, et souhaitant redonner sa vitalité à Yale, William Russell aurait condamné Phi Betta Kapa, pris Forster sous son aile et fondé, avec treize autres étudiants de Yale (dont Alfonso Taft ), une société encore plus secrète et encore plus forte, originellement intitulée le Club Eulogie, du nom de la déesse grecque de l'éloquence. Sous l'influence d'un récent voyage en Allemagne, Russell importe bon nombre de références germanques dans le rituel. En 1833, les jeunes membres adoptent la tête de mort et les ossements comme emblème. À la même époque, le chiffre 322 devient le « chiffre clé » de l'organisation. C'est en effet en 322 avant JC qu'est mort l'orateur grec Démosthène. Selon la « tradition Skull and Bones », la déesse Eulogie aurait alors rejoint le paradis, avant de redescendre en 1832 et de rejoindre la société secrète.

En 1856, les Skull and Bones sont officiellement incorporés au sein du Russell Trust, propriété de William H. Russell, grâce à Daniel Coit Gilman (Bones 1852), président fondateur de l'Université John Hopkins. Le 13 mars de la même année, l'organisation déménage son quartier général au sein d'un bâtiment impressionnant sur le campus de Yale, pompeusement baptisé « la Tombe ». L'endroit est rapidement submergé de reliques guerrières et morbides : on y trouve, d'après les témoignages de membres recueillis par Alexandra Robbins, une accumulation de drapeaux, de tentures noires, d'armes recueillies sur les champs de bataille. Pour ne pas oublier qu'il s'agit d'une confrérie d'étudiants, une série de balles de baseball provenant des rencontres mythiques remportées par Yale est exposée dans une pièce. Le logo de la tête de mort est apposée quasiment sur tous les endroits vierges, tandis que des ossements de carcasses animales sont accrochées à divers murs. Quelques squelettes et ossements humains sont également exposés. La plupart des tableaux présents dans l'enceinte représentent la Mort rencontrant tel ou tel personnage célèbre. Une atmosphère proche de l'univers de la famille Adams selon Marina Moscovici, conservateur d'art du Connecticut qui a travaillé à la restauration d'une quinzaine de tableaux en 1999.

Une polémique a éclaté au début des années 1980 autour du crâne de Géronimo, que les Skull & Bones prétendaient détenir. Ils le montrèrent même à un chef de tribu apache d'Arizona, Ned Anderson. Alors qu'on leur en demandait la restitution, les membres de l'organisation présentèrent un crâne différent de celui montré précédemment, et dont l'analyse révéla qu'il s'agissait de celui d'un enfant de dix ans, et non de celui du chef indien. L'authenticité de la relique, qui a depuis regagné « la Tombe », reste donc discutable.

Le fonctionnement de l'organisation est aujourd'hui mieux connu. Quinze membres sont recrutés chaque année, ce qui permet d'estimer à environ 800 le nombre de membres vivants de l'organisation à n'importe quelle date donnée. Encadrés par des membres plus anciens, les quinze nouveaux impétrants se réunissent deux fois par semaine pendant un an, pour discuter à la fois de leur vie, de leurs études ou de leurs projets professionnels. Des débats sur des questions politiques et sociales ont également lieu. Une fois par an, la société organise une retraite à Deer Iland, une vaste île située dans le fleuve Saint-Laurent, près de New York, où a été construit un club cossu à l'anglaise. Il s'agit bien de Deer Iland et non de Deer Island, conformément à la volonté de George D. Miller, membre des Skull & Bones et généreux donateur de la résidence.

Le rituel d'initiation a fait l'objet des interprétations les plus folles de la part des détracteurs de l'organisation. Pourtant, comme le rituel maçonnique, c'est essentiellement le secret qui l'entoure qui en est l'élément le plus déterminant. Et s'il est possible que les cérémonies se déroulant au sein de « la Tombe » aient eu, un temps, des conotations paganistes, voire satanistes, il faut également rappeler que le bizutage des nouveaux élèves de Yale était, par le passé, particulièrement cruel. Cependant, il est improbable qu'on demande aujourd'hui aux étudiants sélectionnés pour entrer dans l'organisation de se prêter à des jeux sexuels morbides devant l'ensemble des autres initiés.

Le réseau :

Le plus fascinant n'est pas ce qui se passe au sein de l'organisation, mais plutôt la cohérence de sa liste de membres, qui révèle le talent des membres de Skull and Bones pour constituer les élites de demain. Ainsi, tout président des États-Unis passé par Yale a été membre des Skull & Bones : il s'agit de William Howard Taft, de George H.W. Bush et de George W. Bush. De même on ne compte plus les personnalités membres de l'organisation qui ont occupé, par la suite, d'importantes fonctions dans le monde politique, diplomatique, médiatique, ou même du renseignement.

L'organisation dispose d'importantes connexions dans le milieu diplomatique, et notamment au sein du Council on Foreign Relations. Ainsi, Henry Stimson, secrétaire à la Guerre de Franklin Delano Roosevelt, l'ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, Averell Harriman, ou J. Richardson Dilworth, gestionnaire des intérêts de la famille Rockefeller, étaient membres des Skull and Bones.

Des membres de Skull & Bones ont également joué un certain rôle dans l'univers des médias. Henry Luce et Briton Haden, tous deux membres de l'organisation depuis 1920, auraient notamment eu l'idée de créer le journal Time lors d'une réunion à « la Tombe ». Averell Harriman, de son côté, a fondé le journal Today qui fusionna en 1937 avec une autre revue pour devenir Newsweek.

Les connexions au sein de la CIA sont particulièrement impressionnantes : William F. Buckey, membre ultra-conservateur de l'Agence et propagandiste réputé, a été membre de l'association, tout comme son frère, James Buckley, sous-secrétaire d'État à la Sécurité, aux sciences et aux technologies, dans le gouvernement de Ronald Reagan, un poste où il supervisait l'octroi de l'aide militaire états-unienne à destination des régimes de droite. Hugh Cunningham (Bones 1934) a lui aussi accompli une longue carrière dans les services états-uniens, de 1947 à 1973. C'est également le cas de William Bundy, Bonesman de la promotion 1939, et de Dino Pionzio (Bones 1950), chef de station de la CIA à Santiago en 1970, où il s'employa à déstabiliser le régime de Salvador Allende.

Le fait que l'organisation serve de moyen de reproduction à l'élite économique et politique du pays lui a assuré une bienveillance inhabituelle des autorités. Ainsi, en 1943, un acte législatif spécial adopté par l'État du Connecticut a exempté les associés du Russell Trust Association, qui gère, entre autres, les avoirs de la société secrète, de remplir un rapport d'activité comme n'importe quelle autre société. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, ses avoirs ont été gérés par John B. Madden Jr, membre de Brown Brothers Harriman, une société née de la fusion, en 1933, de Brown Bros & Company et de W.A. Harriman & Company. Madden travaillait alors sous les ordres de Prescott Bush, père du futur président George H.W. Bush et grand-père de l'actuel président des États-Unis. Tous ces personnages sont naturellement membres des Skull & Bones.

Autre source de fonds : les Rockefeller. Percy Rockefeller fut membre de l'Ordre, et lia l'organisation aux propriétés de la Standard Oil. Autre grande famille rattachée aux Skull & Bones : les Morgan. J.P. Morgan ne fut certes jamais membre, mais Harold Stanley, membre de l'équipe dirigeante du Morgan's Guaranty Trust, appartint à l'organisation depuis 1908. W. Averell Harriman, de la promotion 1913, a également été membre du conseil d'administration, tout comme H.P. Whitney et son père, W.C. Whitney. C'est également de manière indirecte que l'organisation a pu profiter des fonds de la famille Ford, apparemment contre l'avis de celle-ci. McGeorge Bundy, membre des Skull & Bones, fut en effet président de la Fondation Ford de 1966 à 1979, après avoir servi de conseiller pour la sécurité nationale sous John F. Kennedy et Lyndon Johnson.

Présidentielle 2004 : le face-à-face Skull and Bones

Les Skull & Bones n'ont pas véritablement de discours idéologique. Encore qu'il ne soit pas anodin de révérer un financier de la guerre de l'opium et d'utiliser comme objet rituel le crâne présumé du dernier chef d'un peuple que l'on vient d'exterminer. Contrairement à ce que la littérature conspirationniste a pu évoquer, il ne s'agit pas d'un club de néo-nazis, d'ultra-conservateurs, ni même de faucons. Néanmoins, en tant que représentant de l'élite future (ce qui nécessite déjà d'appartenir à la classe sociale disposant des capitaux socio-culturels suffisants pour réussir dans les différents champs de pouvoir), les membres des Skull & Bones partagent une même vision du monde et des rapports sociaux. Tous sont des capitalistes partisans d'un pseudo-libéralisme et attachés aux valeurs de Liberté prétendument incarnées par les États-Unis. Bien que récemment gagnées par les sirènes du « politiquement correct », en admettant progressivement des représentants des minorités ethniques et sexuelles, puis des femmes en 1991 - à la consternation, entre autres, de l'ancien président George H.W. Bush - les élites réunies au sein des Skull & Bones n'en demeurent pas moins l'incarnation quasi-parfaite de la pensée unique de la classe dirigeante états-unienne.

Le fait que les deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en 2004, George W. Bush et John Kerry, soient membres de l'organisation, ne peut être interprété comme la manifestation d'une élection arrangée à l'avance entre deux personnalités de connivence. En revanche, on peut légitimement s'inquiéter de la manière dont s'établit la sélection au sein du champ politique états-unien. Car si les deux hommes peuvent s'affronter durement, il est indubitable qu'ils appartiennent l'un et l'autre à un milieu social étroit et homogène et que, à ce titre, ils défendent, malgré leurs divergences, des intérêts proches. D'une certaine manière, pour paraphraser un politicien français, l'élection présidentielle de 2004 ce sera « Skull and Bones ou Bones and Skull ». C'est d'ailleurs pour cette raison que l'Ordre focalise sur lui autant d'attention : il incarne la quintessence du milieu social le plus favorisé des États-Unis, et dont les vues sont loin de représenter l'idéal démocratique auquel aspire le reste de la population. Individuellement, de nombreux membres de l'organisation ont trempé dans la plupart des « coups tordus » des États-Unis des cinquante dernières années, de l'invasion de la Baie des Cochons à l'élaboration de la doctrine nucléaire, en passant par le renversement de Salvador Allende. Et ils n'ont pu le faire qu'en dehors des institutions démocratiques, dans le secret de leur connivence et sur la base d'une fraternité ancienne. Pourtant, aucune décision de ce type n'a jamais été prise au sein de l'association des Skull & Bones elle-même. Ce n'est pas une structure hiérarchisée, apte à prendre de telles décisions et à les faire appliquer. Quoi qu'il en soit, l'Ordre secret reste la façade la plus immédiatement visible de l'« ennemi de classe » que représente l'« aristocratie impériale » des États-Unis.
Par Koloss
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Mardi 14 mars 2006

La Franc-Maçonnerie a une origine légendaire et symbolique, qui sert de support au travail initiatique de ses membres, et une origine historique. C'est de cette origine historique qu'il sera question ici.

La Franc-Maçonnerie moderne est née des anciennes associations opératives de bâtisseurs du Moyen-Age. Celles-ci étant elles-mêmes héritières de traditions qui remontent à l'antiquité. Ces associations mêlaient ce que nous nommerions aujourd'hui les domaines "professionnel", "philosophique" et "religieux". En effet, jusqu'à l'époque qui verra la naissance de la Franc-Maçonnerie dite "moderne" ou "spéculative", ces trois domaines ne sont pas séparés, et tous les actes de la vie se confondent avec la religion.

La trace de groupements professionnels, en particulier de constructeurs, se relève chez les Egyptiens et les Grecs. Dans l'Empire Romain, les "collegia" avaient leurs dieux tutélaires et leurs rites. Leurs cultes, tout comme leurs techniques, subirent l'influence des peuples voisins et des religions dites "à mystères", qui étaient très populaires à l'époque. L'entrée dans un de ces métiers commençait par une véritable initiation.

Il est vraisemblable que les rites des "collegia" survécurent sous le Bas-Empire malgré le triomphe du christianisme, de la même façon que d'autres rites appartenant aux religions païennes, les saints patrons prenant peu à peu la place des dieux tutélaires et les rituels se christianisant.

Après l'effondrement de l'Empire Romain d'Occident, les "collegia" disparaissent. En effet, comme l'écrit Paul Naudon:
"A l'époque féodale, aucun cadre juridique ne permet plus l'existence d'associations professionnelles autonomes et aucun groupement ne peut plus être envisagé sans tenir compte des liens de suzeraineté ou de vassalité qui caractérisent cette société."

Les vestiges des "collegia" se placent sous la protection de l'Eglise et deviennent des associations monastiques.

A partir du 11ème siècle, de nouvelles associations se développent: les "confréries" et les "guildes".
Plus tard, certains artisans peuvent bénéficier de la liberté de circulation: Ce sont les "francs-mestiers", composés d'hommes libres, qui mèneront à bien la construction des cathédrales.

Vers 1400, les manuscrits "Regius" et "Cooke" racontent l'histoire traditionnelle des Francs- Maçons et présentent un ensemble de règles professionnelles et morales: Ce sont les "old charges" (anciens devoirs) dont s'inspireront Anderson et Désaguliers en 1723.

La Renaissance voit apparaître l'imprimerie et la Réforme, puis les Guerres de Religions.

Partout en Europe, des intellectuels commencent à se libérer des dogmes. Le 17ème siècle verra, parmi d'autres, Bossuet, Leibniz, Spinoza, Locke et Newton. De nombreuses associations de pensée plus ou moins secrètes cherchent une solution aux guerres et aux querelles religieuses qui déchirent le continent. Beaucoup de penseurs partent à la recherche d'une sagesse perdue qui, si on la retrouvait, permettrait une nouvelle compréhension du Divin, de l'Univers et de l'Homme.
Les mathématiques, et en particulier la géométrie, sont considérées comme la première des sciences. L'architecture jouit d'un très grand prestige.

C'est à cette époque que des Loges anglaises commencent à accueillir des membres qui ne sont pas du métier, mais sont à la recherche d'une nouvelle spiritualité et d'un débat d'idées tolérant. Ce sont les maçons "acceptés". On passe progressivement de la Franc-Maçonnerie "opérative", à la Franc-Maçonnerie "spéculative".



Au tout début du 18ème siècle, la Franc-Maçonnerie anglaise, devenue "spéculative" prend une ampleur considérable. La haute aristocratie s'y associe, l'esprit de tolérance augmente.

Le 24 juin 1717, quatre Loges de Londres se réunissent et fondent la première obédience: c'est la Grande Loge de Londres, qui regroupera 63 loges en 1725.

L'année 1723 voit la "publication des Constitution d'Anderson par le Duc de Wharton, Grand Maître". C'est le texte fondateur de la Franc-Maçonnerie moderne. (On en trouvera la traduction en cliquant sur ce lien).
En quelques années, la Franc-Maçonnerie spéculative va se répandre à travers toute l'Europe ainsi que dans toutes les colonies européennes.

La seconde moitié du 18ème siècle voit la division de la Franc-Maçonnerie anglaise en deux obédiences - les "Antients" et les "Moderns" - et la floraison, en Angleterre mais surtout en France et en Allemagne, des "Hauts-Grades". De même que dans la société profane, l'idéal des Lumières et celui du Romantisme s'opposent et se complètent.

Le 19ème siècle sera une période de "remise en ordre". De grandes obédiences se forment et les Hauts Grades se structurent en Rites.

En Angleterre, la "Antients" et les "Moderns" se réconcilient en 1813 en fondant la Grande Loge Unie d'Angleterre, et en élisant le Duc de Sussex comme Grand-Maître, à l'unanimité. Elle promulgue à cette occasion une nouvelle version des "Constitutions", d'inspiration beaucoup plus nettement théiste que celle de 1723.

En France, le Grand Orient de France entreprend de fédérer tous les rites. Toutefois, le Suprême Conseil de France du Rite Ecossais Ancien et Accepté, fondé en 1804, reprendra presque immédiatement son indépendance.

La fin du 19ème siècle sera marquée en France et en Belgique par l'augmentation de l'implication politique des Loges et par l'aggravation des polémiques entre l'Eglise Catholique et la Franc-Maçonnerie.

Ces tensions aboutiront a un événement majeur dans l'histoire de la Franc- Maçonnerie francophone:
En 1872, le Grand Orient de Belgique abroge l'invocation du Grand Architecte de l'Univers.
En 1877, il est suivi dans cette voie par le Grand Orient de France, qui, lui, ne supprime que l'Obligation de cette invocation, chaque Loge restant libre de son choix.
La Grande Loge Unie d'Angleterre réagit en rompant toute relation avec ces obédiences.

La Seconde Guerre Mondiale verra l'apparition en Europe d'un grand nombre de dictatures qui persécuteront la Franc-Maçonnerie, leur ennemie naturelle. Ces persécutions ont laissé des traces profondes partout où elles ont été vécues. Dans ces pays, leur souvenir maintient entre la plupart des Francs-Maçons des liens plus puissants que toutes les inévitables querelles d'obédiences.

Le 20ème siècle verra également un événement plus heureux avec le développement des Loges et obédiences mixtes ou féminines. Le fait qu'un grand nombre de Loges masculines préfèrent continuer à travailler de manière non mixte ne retire rien au fait que la valeur des travaux maçonniques mixtes ou strictement féminins est aujourd'hui presque unanimement reconnue.

En ce début de 21ème siècle, on assiste un peu partout en Europe à la fin d'un système de pensée qui opposait des "blocs" que l'ont souhaitait bien distincts les uns des autres et à l'apparition de conceptions plus "synthétiques", certains diraient même "systémiques". Les bouleversements géopolitiques et technologiques que nous connaissons actuellement n'y sont sans doute pas étrangers. Il semble évident que les Francs-Maçons, quels que soient leurs rites ou leurs obédiences, sont, de par leurs traditions, particulièrement bien outillés pour accompagner cette nouvelle mutation.

La franc-maçonnerie a près de trois siècles , ce qui lui a donné le temps d'attirer de nombreux écrivains , artistes et hommes politiques. Voici le panthéon de la franc-maçonnerie :

-Voltaire

-Montesquieu

-Le marquis de Sade

-Goethe

-Mallarmé

-Stendhal

-Kipling

-Conan Doyle

-Mozart

-Haydn

-Louis Armstrong

-Pierre Dac

-Jacqueline Maillan

-Paul Meurisse

-Achille Zavatta

-John Wayne

-Clark Gable

-La fayette

-Gambetta

-Jules Ferry

-Churchill

...etc

Par Koloss
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Mardi 4 avril 2006

Si l'intégrisme musulman fait la " une " des journaux, les activités de la droite chrétienne s'effectuent souvent dans l'ombre, comme en témoigne la troublante ascension de l'Opus Dei. Milice religieuse au comportement de secte, héritière d'un anticommunisme militant, puissance à la fois économique et politique, l'OEuvre exerce une influence multiforme sur l'Église, mais aussi sur les pouvoirs temporels, qu'elle cherche à infiltrer. On retrouve ses proches jusque dans le gouvernement de l'époque Juppé. Mais cette garde blanche du Vatican, très liée au pape dont elle a permis l'élection, suscite aussi des résistances. Au nom de leur foi, bien des chrétiens rejettent la " dictature spirituelle " de l'Oeuvre et craignent que cette " arme du pape " ne soit à double tranchant et ne se retourne un jour contre lui.

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Par une politique de nominations épiscopales qui ne tient guère compte des souhaits exprimés par les Eglises locales, le pape mène son entreprise de restauration, utilisant tous les moyens à sa disposition : doctrinal, disciplinaire et surtout autoritaire, avec l'aide d'un certain nombre de mouvements " musclés " traditionalistes, souvent sectaires et politiquement à droite, tout à sa dévotion. Ils font partie du " renouveau charismatique " ou ont pour noms : Comunione e Liberazione, organisation italienne née dans les années 70 ; les Focolari, mouvement lancé en 1943 à Trente ; le Néocatéchuménat, fondé à Madrid en 1964 ; les Légionnaires du Christ, groupe ultra-secret constitué au Mexique dans les années 40, et surtout l'Opus Dei (l'" oeuvre de Dieu "). Ce dernier mouvement fut créé en 1928 par le Père Escriva de Balaguer.

L'Opus Dei, qui jouit de l'appui inconditionnel de l'évêque de Rome, s'infiltre dans tous les échelons de la hiérarchie catholique. Est-il l'arme secrète du pape dans la reconquista catholique ou Benoit XVI est-il le prisonnier inconscient de cette " mafia blanche " dans sa propre conquête du pouvoir ? Le président Jacques Chirac a-t-il nommé des membres de l'Opus Dei au gouvernement de M. Alain Juppé ? La question peut paraître saugrenue, sachant le peu d'attrait du fondateur du RPR pour la " chose cléricale ", mais la composition du gouvernement devait satisfaire les nombreuses composantes de la droite française qui avaient soutenu la candidature du maire de Paris, dont le puissant lobby catholique conservateur. Si on a souligné la proportion relativement élevée de femmes dans ce cabinet _ douze ministres ou secrétaires d'État sur quarante-deux membres _ , on a moins relevé la coloration bien-pensante de ces ministres. Mme Colette Codaccioni, ministre de la solidarité entre les générations, mère de cinq enfants et ancienne sage-femme, se définit comme " chrétienne et pour l'éducation à la vie " ; Mme Elisabeth Dufourcq, secrétaire d'État à la recherche, est l'auteur d'une thèse sur les congrégations religieuses féminines, dont elle a tiré un livre intitulé Les Aventurières de Dieu ; Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État aux transports, est la fille de l'un des pères fondateurs du Mouvement républicain populaire (MRP), parti catholique, et militante elle-même de leur héritier : le Centre des démocrates sociaux (CDS) ; et Mme Françoise de Veyrinas (CDS), secrétaire d'État aux quartiers en difficulté, est issue d'une famille toulousaine catholique militante. On peut s'interroger sur l'entrée au gouvernement et dans les cabinets de deux personnes " proches " sinon membres de l'Opus Dei : M. Hervé Gaymard, secrétaire d'État aux finances, et son épouse, Mme Clara Lejeune-Gaymard, directeur de cabinet de Mme Colette Codaccioni, fille du professeur Jérôme Lejeune (décédé en 1994), fondateur du mouvement antiavortement Laissez-les vivre, nommé par Jean Paul II au Conseil pontifical pour la famille et membre de l'Opus Dei. Un autre gendre du professeur Lejeune, le philosophe Jean-Marie Meyer, ne cache pas son appartenance à l'OEuvre. Il est également membre du Conseil pontifical de la famille. Selon la revue catholique Golias , " la fille et le gendre du professeur Lejeune sont à l'Opus Dei ", et l'affirmation est reprise par la revue Maintenant : " Jacques Chirac a placé l'opusien Hervé Gaymard [député de la Savoie] dans son équipe de campagne présidentielle. " Qu'il soit impossible de vérifier n'est guère surprenant : le mouvement cultive le secret depuis ses origines. Dans les constitutions (secrètes) rédigées en 1950, l'article 191 précise : " Que les membres numéraires et surnuméraires sachent bien qu'ils devront toujours observer un silence prudent quant aux noms des autres associés ; et qu'ils ne devront jamais révéler à quiconque qu'ils appartiennent eux-mêmes à l'Opus Dei. "

Lorsque les constitutions furent connues , devant les critiques répétées, de nouveaux statuts furent rédigés en 1982 où on peut lire (article 89) : " [Les fidèles de la Prélature] ne participeront pas collectivement aux manifestations publiques de culte comme les processions, sans pour autant cacher qu'ils appartiennent à la Prélature. "

Prête-noms et sociétés écrans :


Malgré cette apparente concession à la transparence, l'Opus continue de pratiquer le secret, d'utiliser prête-noms et sociétés écrans, sous prétexte d'" humilité collective " et d'" efficacité apostolique " ! " Parce qu'il se refuse à toute transparence, l'Opus Dei excite la curiosité et l'hostilité, suscitant même quelquefois des fantasmes de complot.  "

Nombreux sont ceux qui sont donnés comme membres ou sympathisants. M. De Villepin a témoigné au procès de béatification d'Escriva de Balaguer, attestant les " signes de sainteté " du fondateur de l'oeuvre. Dans l'entourage de M. Philippe de Villiers, on désigne Mme Christine Boutin, secrétaire national du CDS et député des Yvelines, le prince Michel Poniatowski, ancien ministre de l'intérieur, et Mme Françoise Seillier, coordinatrice des très réactionnaires associations familiales européennes. Dans le monde des affaires, on cite les noms de ceux qui ont donné des conférences au Centre Garnelles de l'Opus, à Paris : M. Claude Bébéar, le patron du groupe des assurances AXA, M. Michel Albert, patron des assurances AGF, M. Didier Pineau-Valencienne, PDG du groupe Schneider et M. Louis Schweitzer, patron de Renault. Plusieurs familles royales d'Europe auraient montré de la sympathie pour l'Opus : Otto de Habsbourg en fit la propagande, alors que l'archiduc Lorenz d'Autriche en serait membre. Le roi Juan Carlos de Bourbon fut élevé par des prêtres de l'oeuvre tandis que le secrétaire de sa femme Sofia appartenait au mouvement. Le président du Comité international olympique, M. Juan Antonio Samaranch-Torello, ancien ministre de Franco, en fait également partie.

La discrétion, qui sert d'une part à faire du prosélytisme auprès des jeunes à l'insu de leurs familles et d'autre part à tisser une toile invisible dans tous les secteurs de la société, s'explique d'abord par le contexte où est né l'Opus Dei, dans l'Espagne franquiste. Fondée à Madrid en 1928 par un jeune prêtre, Josemaria Escriva de Balaguer, cette " OEuvre de Dieu " ressemble quant à son but _ sanctifier le travail de tous les jours _ aux mouvements d'Action catholique qui voient le jour en France et en Belgique à la même époque. Née dans les années précédant la guerre civile espagnole, l'Opus Dei reste fortement marquée par ce contexte, ce qui explique son attachement inconditionnel à l'appareil ecclésiastique préconciliaire, sa haine obsessionnelle du communisme et son goût immodéré pour la clandestinité. Bien qu'Escriva de Balaguer ait prétendu avoir " découvert " le principe de la sanctification de la vie quotidienne, l'idée est aussi vieille que l'Évangile. Beaucoup de saints l'ont enseigné, comme la carmélite Thérèse de Lisieux. Très vite, l'inspiration première de l'Opus a été pervertie par la personnalité de son fondateur : petit-bourgeois, ambitieux, coléreux et vaniteux  . Le secret de son succès ? Une fougue et un charisme personnel qui subjuguaient ses proches. La première perversion fut la " cléricalisation " de l'OEuvre. Elle se prétend toujours " laïque " mais ce sont les prêtres qui détiennent le vrai pouvoir et occupent tous les postes de commandement. Et les non-clercs, qui représentent 98 % des membres, sont présentés comme " des gens ordinaires, qui vivent dans le monde " mais ressemblent plus à des religieux, par leurs " voeux " (rebaptisés " liens contractuels ") de pauvreté, chasteté et obéissance, qu'à des laïcs.

Beaucoup plus préoccupés de droit canon que de théologie, Escriva et ses disciples ont constamment manoeuvré pour faire reconnaître à l'Opus le statut juridique qui lui convient le mieux. D'abord défini comme " pieuse union " réunissant des laïcs, l'Opus Dei est devenu, en 1947, le premier " institut séculier " de l'Eglise, avant d'arracher à Jean Paul II _ bien plus favorable à l'OEuvre que ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI _ le titre convoité de " prélature personnelle " . Ce statut enviable, taillé sur mesure pour l'Opus, lui accorde les attributs d'un véritable diocèse sans la limitation territoriale.

L'actuel prélat de l'Opus, Mgr Javier Echevarria Rodriguez, évêque titulaire de Cilibia, relève directement du pape, soustrait à l'autorité des évêques diocésains, malgré la fiction qui veut que les membres laïcs de l'Opus dépendent toujours juridiquement de leur évêque.

La deuxième perversion fut politique. Le jeune Escriva de Balaguer vécut la guerre civile en Espagne comme une lutte entre catholiques et communistes, en qui il voyait l'incarnation du mal. Sa vision du monde en fut déformée et, tout comme Pie XII, il minimisa l'horreur du nazisme, et même la gravité de l'holocauste, y voyant un rempart " providentiel " contre le communisme. Vladimir Felzmann, ancien membre de l'Opus, rapporte une conversation avec Escriva qui en dit long. Après avoir maintenu que le christianisme avait été sauvé du communisme par la prise de pouvoir du général Franco avec l'appui du chancelier Hitler, il ajouta : " Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c'était Hitler contre le communisme. " Cette indulgence pour le fascisme mène à l'engagement de l'Opus dans le franquisme. En fait, les sentiments de Franco envers Escriva, qu'il avait connu jeune curé, étaient ambigus. Dans sa biographie romancée de Franco , Manuel Vasquez Montalban fait dire au Caudillo : " Ayant fréquenté pendant près de vingt ans des membres de cette institution, j'ai pu constater la diversité de leurs choix concrets ; mais, à l'évidence, ils étaient tous marqués du sceau d'une secte élue pour sauver le monde depuis le haut de l'échelle. " Pour sortir de la crise économique apparue en 1956, Franco s'entoure progressivement de ministres appartenant à l'Opus. Lorsqu'il songe à rétablir la monarchie, en la personne de Don Juan de Bourbon, pour lui succéder, l'Opus Dei mise sur son fils, Juan Carlos, qui est entre les mains d'un précepteur de l'OEuvre, Anael Lopez Amo. En 1969, Franco proclame Juan Carlos héritier de la Couronne. Quelques mois plus tard, le triomphe de l'Opus est complet : sur 19 ministres du neuvième gouvernement du général Franco, 12 sont membres de l'Opus Dei. Le tournant politique de l'OEuvre est engagé.

La troisième perversion fut théologique. D'abord, l'accent exclusif mis sur " la sanctification par le travail " favorise le culte de la réussite matérielle et le règne du capitalisme libéral. Ensuite, l'Opus est tombé dans le piège de l'intégrisme. Le théologien Urs von Balthasar (un des maîtres à penser de Jean Paul II qui ne saurait être soupçonné de progressisme) a décrit l'Opus Dei comme " la plus forte concentration intégriste dans l'Église ". " L'intégrisme, écrit-il, s'efforce pour commencer d'assurer le pouvoir politique et social de l'Église, en recourant à tous les moyens visibles et cachés, publics et secrets. " Outre un manque de transparence, l'intégrisme se caractérise par la prétention de détenir la vérité. Or l'Opus est décrit dans la revue interne du mouvement, Cronica, comme " le reste saint, immaculé, de la véritable Église ", fondé pour " sauver l'Eglise et la papauté ".

Quatre ans après la fin du Concile, le Père Escriva déplorait un temps d'erreur dans l'Église : " Le mal vient du dedans et d'en haut. Il y a une réelle pourriture, et actuellement il semble que le Corps mystique du Christ soit un cadavre en décomposition, qui pue. " Mgr Escriva de Balaguer aurait sans doute mieux fait de s'occuper de ses brebis galeuses. Une série de scandales financiers touchant des membres de l'Opus a révélé au grand public les activités de " la sainte mafia " ou " la franc-maçonnerie blanche ", comme l'appelleraient désormais ses détracteurs. Car derrière la fiction d'une association purement spirituelle, " famille pauvre, riche seulement de ses enfants ", gravite une nébuleuse de sociétés, de banques et de fondations, dirigées anonymement par des membres de l'Opus.

Dans les années 70, alors qu'Escriva vitupérait l'Église en décomposition, ses amis mettaient en place le réseau financier qui allait permettre à l'OEuvre de jongler avec des millions de dollars. La plus importante de ces institutions est la fondation Limmat, créée à Zurich en 1972, liée à des banques ou fondations en Espagne (la Fundacion General Mediterranea), en Allemagne (la Fondation Rhin-Danube ou encore l'Institut Lidenthal) et en Amérique latine (la Fundacion General Latinoamericana au Venezuela).

Aujourd'hui, l'Opus est tout-puissant à Rome. Son ascension a été couronnée par la béatification de Mgr Escriva de Balaguer par Jean Paul II _ un ami de longue date de l'OEuvre _ en 1992, dix-sept ans seulement après sa mort, à l'issue d'un procès expéditif, où seuls les témoignages positifs ont été retenus. Déjà évêque de Cracovie, Mgr Karol Wojtyla venait à Rome à l'invitation de l'Opus, qui l'hébergeait au 73, viale Bruno-Bozzi, dans une belle résidence de la banlieue cossue de Rome. L'Opus a continué à se montrer généreux envers le pape polonais, par exemple en participant au financement de Solidarnosc. Le cardinal Wojtyla était le candidat de l'Opus à la papauté. C'est le cardinal König, archevêque de Vienne et proche de l'OEuvre, qui a joué un rôle déterminant dans son élection.

Outre le changement de statut et la béatification d'Escriva _ deux décisions qui ont soulevé une vague de critiques à travers le monde _, le pape s'est entouré de membres de l'Opus. Parmi ses proches collaborateurs, on peut citer ses quatre chapelains, Joachim Pacheco, Klaus Becker, Fernando Ocariz et Felipe Rodriguez, son porte-parole laïque, numéraire de l'Opus, M. Joaquin Navarro Valls, et le cardinal Martinez Somalo, ancien substitut proche de l'Opus. M. Alberto Michelini, député national de l'ex-Démocratie chrétienne et membre de l'Opus, est conseiller du Vatican pour les questions de télévision et M. Gianmario Rovero, lui aussi membre, est conseiller financier.

Les congrégations romaines ont également de nombreux membres " opusiens ", et celle chargée de la cause des saints, qui a statué sur la béatification d'Escriva, en a trois, dont Rafaello Cortesini, chef de bureau. Le cardinal Palazzini, ami de l'OEuvre, en était le préfet lorsque la cause d'Escriva fut introduite en 1981, et Mgr Javier Echevarria Rodriguez, l'actuel prélat de l'Opus et successeur d'Escriva, était consultant !

Une pieuvre internationale :


Mieux, le pape a nommé de nombreux membres de l'Opus évêques en Amérique latine (sept au Pérou, quatre au Chili, deux en Equateur, un en Colombie, un au Venezuela, un en Argentine et un au Brésil). Le Pérou a été choisi comme tête de pont de l'offensive de l'Opus en Amérique latine à cause du rayonnement du théologien péruvien Gustavo Guttierez, " père " de la théologie de la libération, honnie par Escriva et ses disciples. Le président Alberto Fujimori, proche de l'Opus, est un ami de Mgr Luis Cipriani, archevêque d'Ayacucho, qui dirige l'Opus au Pérou. En Europe, le cas le plus contesté fut l'imposition de l'opusien Klaus Küng à Feldkirch, en Autriche. Mais la récente nomination de Mgr Fernando Saenz Lacalle comme archevêque de San Salvador a choqué encore davantage, puisque c'est l'ancien siège du martyr Mgr Oscar Romero, assassiné par l'extrême droite, alors que le nouvel évêque _ un Espagnol de surcroît ! _ appartient non seulement à l'Opus, mais était l'évêque des armées...

A part l'Italie, l'Espagne , la France et l'Amérique latine (y compris le Mexique) sont les régions où l'Opus Dei rencontre le plus grand succès. En Espagne, si l'OEuvre a dû rester dans l'ombre ( tout comme en France d'ailleur ) sur le plan politique depuis l'arrivée au pouvoir des socialistes, elle attend son heure. Avec le retour prochain plus que probable de la droite du Parti popular de José Maria Aznar, un ami de l'Opus, celui-ci aura quatre ou cinq ministres, dont les députés Juan Trillo, Loyola de Palacio et Isabel Tocino. En outre, l'armée est commandée par plusieurs numéraires.

Bien que l'Opus ait trouvé plus de résistance dans les pays non latins, surtout anglo-saxons, il s'implante progressivement et durablement aux États-Unis où l'on compte plus de 9.000 membres répartis dans soixante-quatre centres, la plupart situés près des campus universitaires. Plusieurs aumôniers universitaires se sont plaints des " méthodes clandestines " utilisées par le mouvement, ainsi que de son " comportement sectaire " .

En Grande-Bretagne, l'Opus maintient un profil bas depuis les révélations, en 1981, de M. John Roche, ancien directeur du mouvement, aujourd'hui professeur à Oxford qui publia dans The Times un sévère réquisitoire contre l'Opus, documents secrets à l'appui. Qualifiant l'OEuvre d'" Église dans l'Église ", et " psychologiquement dangereuse pour ses propres membres ", il cite des articles de Cronica proclamant que " l'Église catholique s'est écartée de son chemin originel, et que le devoir de l'Opus Dei est de s'étendre dans le monde par tous les moyens. Il n'existe pas d'autre voie de salut ".

En France, le succès de l'Opus est plus que certains. Avec les sympathies de plusieurs hommes politiques, l'OEuvre n'a jamais réussi cependant à trouver pour le moment un parti à sa dévotion, même s'il existe de nombreux centres et associations qui lui sont liés  .

Mais la nouvelle stratégie de l'OEuvre est d'infiltrer les organisations internationales, comme les Nations unies, l'Unesco ou l'OCDE. Le Parlement européen à Strasbourg et la Commission à Bruxelles sont ses lieux de prédilection, et le nouveau président de la Commission, M. Jacques Santer, un ami. Des parlementaires européens, comme M. Ignacio Salafranca du Parti populaire espagnol, sont membres de l'Opus, tout comme le Portugais Fernando Perreau de Pininck, membre du cabinet du très libéral Britannique Leon Brittan. A Bruxelles, l'Opus agit clandestinement, comme à son habitude. Exemple : le bulletin hebdomadaire Europe Today, en espagnol, français et anglais, envoyé depuis Bruxelles dans le tiers-monde, et notamment en Amérique latine, où il est distribué gratuitement. Se présentant comme " une agence de presse internationale, spécialisée dans la santé, les problèmes de société et l'éducation ", il défend les positions les plus réactionnaires de la droite catholique. Le numéro 124, du 2 août 1994, par exemple, titre à la une : " Les méthodes naturelles du contrôle des naissances sont efficaces à 99 % " tandis que les méthodes " artificielles " ne sont sûres qu'à 50 %. Le label Opus Dei n'apparaît nulle part sur cette publication, qui reçoit une subvention de la Commission de Bruxelles. Or le rédacteur en chef appartient à l'Opus tout comme d'autres journalistes accrédités à la Commission.

Autres points stratégiques en Belgique que l'Opus a tenté d'investir : l'Institut Robert-Schuman et l'Université catholique de Louvain. Le premier est une école de journalisme fondée par l'homme d'affaires néerlandais Piet Derksen, proche de l'extrême droite catholique, pour fournir des " journalistes catholiques sûrs " à l'Europe de l'Est et au tiers-monde. Parmi les professeurs on retrouve l'opusien Andres Garrigo, directeur de Europe Today... A Louvain, en revanche, la bataille menée par l'Opus fut perdue grâce à la ténacité du vice-recteur, le Père Gabriel Ringlet. Il a refusé de renouveler le bail de deux résidences pour étudiants ouvertes sur le campus par l'Opus, en interdisant à celui-ci de distribuer sa littérature aux étudiants aussi longtemps qu'il triche sur son identité. Cette décision a été prise à l'unanimité par le conseil d'administration de l'université. " L'Opus ne vise que l'élite de la société, explique le Père Ringlet, ce qui est inacceptable pour notre université. Je ne peux pas voir ma foi là-dedans. La quête de la perfection a quelque chose de très orgueilleux et de malsain. Je ne peux accepter une religion qui lave plus blanc que blanc... la couleur des sépulcres ! Car, au bout du chemin, on trouve toujours l'exclusion, le racisme. En ces temps de montée de l'extrême droite, on ne se prémunit peut-être pas assez contre les dictatures spirituelles. "

C'est bien d'une extraordinaire entreprise qu'il s'agit, qui risque de prendre la papauté en otage. Cette " arme du Pape " est à double tranchant et pourrait un jour se retourner contre lui.

Par Koloss
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Mercredi 28 février 2007

La Rose-Croix est l'héritière de la politique secrète de l'Ordre du Temple.

"Les structures internes de l'ordre de la Rose s'apparentent à celles des francs maçons, à ceci près que ses membres se réclament de la stricte observance templière, dans le sens le plus large du terme. Le rite, chez eux, a gardé son importance primordiale."

Stanislas de Gaïta a été le fondateur de l'ordre Cabalystique de la Rose-Croix.
Mathers a été le chef de la société secrète The Order Of The Golden Dawn.
Dr Gérard Encausse dit Papus a été le maître des spirites.

Des archives secrètes, propriété de certains occultistes, affirment qu'en 1188 "l'orme fut coupé" et qu'un de ses rameaux, l' ''ormus", ayant pour emblème une croix rouge et une rose blanche, serait à l'origine de la Rose Croix.

En 1188, sous le pontificat de Clément III, l'orme de Gisors fut coupé à la suite d'une querelle sanglante entre Henri II d'Angleterre et Philippe II de France.
D'un côté, il y avait les anglais et une foule d'évêques mystiques détenteurs de la pensée de Jean.
De l'autre côté, les français et le pape Clément III descendant spirituel de Pierre.
Au milieu, il y avait l'Ordre du Temple et le Prieuré de Sion.
Un jour, le Grand Maître du Temple, Gérard de Ridefort, a pris parti pour le roi d'Angleterre et a stigmatisé les frères de Sion. Depuis ce jour, c'est la guerre entre les deux ordres...

En 1481, à la mort du neuvième grand Maître du Prieuré de Sion (René d'Anjou, comte de Bar, de Provence, de Piémont et de Guise), il existait 27 commanderies liées à l'Ordre et une arche sacrée appelée Beth-Ania (la maison d'Anne) située à Rennes Le Château. C'est cette arche que le prieuré recherche et a fait recherché par l'Abbé Saunière.
Lors de son arrivée à Rennes Le Château, ce dernier y a découvert trois mystérieuses généalogies et des textes en latin (constitués d'extraits du Nouveau Testament).
En plus de l'Arche, l'Abbé Saunière était chargé de trouver dans le Razès la porte qui mène au trésor des Wisigoth. Les cathares en connaissaient le secret mais ce dernier a été perdu depuis.
Les Wizigoths étaient les pilleurs de Rome. Ils auraient ramené le trésor de guerre de l'empire de Toulouse (qui comprenait des biens ayant appartenus à tous les peuples vaincus : les Gaulois, les Angles, les Parthes, les Egyptiens, les Nubiens, les Juifs)

En 1613, un livre étrange intitulé Fama Fraternitatis Rosae Crucis annonçait la fondation de la Société des Rose Croix par l'allemand Christian Rosenkreutz (qui fut initié à 26 ans par des Maîtres inconnus de Damas, puis par des kabbalistes musulmans).

C'est dans l'empire des Habsbourg, en 1614, que la Rose Croix apparut pour la première fois. Johann Valentin Andrea (1586 - 1654) a publié un livre nommé Fama Fraternitatis Rosae Crucis. Dans ce livre, ce fut un chevalier allemand nommé Christian Rosenkreutz, né en 1378 et mort à cent huit ans, qui fonda la Rose Croix, avec trois autres "Frères zélés".
"La Rose Croix" professait que l'étude des sciences, y compris de la science occulte qu'était l'alchimie, permettait à l'homme, créé à l'image de Dieu, de recouvrer l'intelligence et la maîtrise de la nature qui étaient les siens avant le péché originel. Elle proclamait aussi que le christianisme authentique est la religion parvenue à la perfection car il permet à l'homme pieux de s'unir à Dieu sans intermédiaire. Il est généralement admis qu'au début du XVIIIème siècle, beaucoup de Rose-Croix germaniques entrèrent dans la franc maçonnerie pour y propager leurs doctrines. C'est là que furent créé les hauts grades (avant, il n'y en avait que trois).

Vers 1900, il y a eu formation de la Rose Croix Veritas.

La différence des dates (1188 et 1900) peut s'expliquer par le fait que vers 1900, il y a eu une nouvelle formation de la Rose Croix (nouvelle car l'Ordre de la Rose Croix avait été mis en sommeil les années auparavant). 
Benjamin Franklin, La Fayette, et Abraham Lincoln étaient francs maçons et rosicruciens.
Walt Disney était un rosicrucien.

Thoutmôsis III est le fondateur du mouvement de la Rose Croix en Egypte.

Edward Bulwer Lytton était un initié de la Rose Croix et de la société de Thulé (avant qu'elle soit politisée).

"Ils (les Rose Croix) reçurent leur science des Arabes, parmi lesquels elle s'était conservée comme le monument et le legs des enfants d'Orient... C'est une chose digne de remarque que les Mages qui vinrent au Christ étaient partis de l'Orient. C'est à cette source vivante, orientale, que les Frères de la Rose-Croix ont puisé leurs eaux salutaires." (Thomas Vaughans, alchimiste)

"D'après la Tradition, la conception et la naissance de l'Ordre Rosicrucien eurent pour origine l'Egypte, au sein des activités de la Grande Fraternité Blanche."

"L'Ancien et mystique Ordre de la Rose-Croix, connu mondialement sous le sigle A.M.O.R.C., n'est pas un mouvement philosophique de création récente. Sa tradition fait remonter son origine aux écoles de mystères de l'ancienne Egypte."
Les initiés de l'ancienne Egypte résumèrent une partie de leur sagesse sur les murs de leurs temples et sur de nombreux payri.
Ce fut le pharaon Thoutmôsis III (1504 à 1447 avt JC) qui regroupa les Initiés en une fraternité unique, connue sous le nom traditionnel de "Grande Fraternité Blanche", dont l'A.M.O.R.C. perpétue de nos jours les règles et les fondements.
C'est au XVIIème siècle que l'Ordre atteignit sa renommée la plus considérable à la suite de la publication et de la large diffusion d'un manifeste intitulé "Fama Fraternitatis", dont la paternité a été attribuée à tort à Valentin Andreae (1586-1654). Ce manifeste constituait en réalité l'un des éléments préparatoires à la résurgence cyclique de l'Ordre, conformément à la loi qui le régit et d'après laquelle, après une période active de 108 ans, il entre dans une période équivalente de sommeil pour reprendre, 108 ans plus tard, ses activités publiques."

"Henri IV, Richelieu, Louis XIII et Mazarin étaient guidés dans leurs actions politiques par des supérieurs inconnus, appartenant à la plus puissante société secrète du monde de l'époque, les Rose Croix.
Dés le 1er janvier 1601, nous voyons se poindre l'ombre troublante de Nicolas Barnaud derrière le roi de France. Par une lettre imprimée à Gouda et adressée aux alchimistes de notre pays, Barnaud demandait que ces derniers mettent leur or et leur savoir au service de la monarchie.
En Angleterre, John Dee, le mage d'Elisabeth, procédait de même. Ces fonds secrets devaient servir à financer le Grand Dessein, mouvement hermétique qui voulait édifier un gouvernement général en Europe et constituer un tribunal des Nations. Lié à cette idée, nous suivons pendant près de deux cents ans, dans la politique française, un mouvement puissant qui vise à abaisser la Maison d'Autriche et celle d'Espagne, les deux forces militaires de la papauté."

Au XIVè siècle surgirent les plus grands initiés de la "CONFRERIE DU SERPENT" sous le nom latin d' "ILLUMINATI". Une des branches les plus importantes des Illuminati en Allemagne fut celle des Rose Croix.

"Si nous n'avons aucun doute sur l'esprit qui animait les premiers rose-croix, nous sommes plus réservés sur les actuels rosicruciens qui ont pignon sur rue...
Remarquez d'ailleurs avec quel soin nous faisons un distinguo entre Rose-Croix et rosicruciens. Les premiers sont des maîtres, détenteurs de la Connaissance. Les seconds sont détenteurs d'un savoir -la nuance est de taille- , lorsqu'ils ne jouent pas purement et simplement aux initiés."

Par Koloss
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