- Certains articles peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes -
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NAME : Koloss
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Arles-sur-Tech dans les Pyrénées-Orientales est devenue célèbre depuis que l'émission "Mystères" de TF1 a consacré un "dossier" - le mot est bien trop sérieux - à la fameuse "Sainte Tombe" de son
abbaye.
Cette Sainte Tombe est un vieux (certains le font remonter jusqu'au IVe siècle) et lourd sarcophage en marbre qui se trouve à l'air libre, dans une courette, au bas d'un mur d'une douzaine de mètres de haut (la cour n'est pas fermée du côté nord et donne sur une place).
Le couvercle de ce sarcophage est aussi épais que les parois (de l'ordre de 15 cm) et repose d'une façon imparfaite sur ces dernières; on peut même glisser les doigts dans l'interstice en deux ou
trois endroits.
Le sarcophage ne repose pas directement sur le sol mais par l'intermédiaire de deux blocs de marbre.
Le phénomène "miraculeux" présenté par ce sarcophage est le suivant: chaque jour, il semble se rassembler à l'intérieur dudit sarcophage une quantité d'eau assez importante (de l'ordre d'un litre
en moyenne) quasiment "pure" et à laquelle on attribue des qualités curatives.
On peut puiser l'eau par un petit trou situé sur l'un des petits côtés, à la jointure du sarcophage et de son couvercle, trou par lequel une petite pompe à siphon est introduite.
Il arrive même que "le sarcophage déborde..."
La production aurait même atteint quelquefois 800 litres par an...
Il n'y a apparemment aucune supercherie, aucune tuyauterie, aucun remplissage extérieur,...
Alors, miracle ?
Mystère irrésolu comme l'a prétendu l'émission "Mystères" dans son tout premier numéro diffusé le 8 juillet 1992 sur TF1 ?...
Emission qui a présenté l'enquête faite il y a une trentaine d'années par des hydrologues... pour conclure, in fine, que "les études menées jusqu'à présent...laissent un petit peu à désirer" et
que " la Sainte Tombe ne livre pas son secret".
Eh bien ni l'un ni l'autre.
Contrairement à ce qui a été affirmé explicitement dans l'émission et dans différents écrits, l'enquête menée il y a une trentaine d'années (à la date de l'émission Mystères) par des
scientifiques a permis de conclure de manière très nette.
Ce sont les résultats de ces hydrologues - MM. Pérard, Honoré et Leborgne (le sous-titre* sympathique du présent dossier est emprunté à un article de présentation, cf. réf., de ce dernier
hydrologue) - que nous portons à votre connaissance par de larges emprunts pour un résumé de la publication d'origine (cf. réf.).
L'enquête menée s'est faite avec l'accord et la collaboration du curé d'Arles-sur-Tech qui a mis la clef - pour ouvrir l'enceinte dans laquelle se trouve le sarcophage - à la disposition des
chercheurs (et avec la collaboration de M. Rougé, instituteur en retraite).
Durant l'année 1961, pendant deux mois et demi - une seule interruption de quelques jours pour Pâques en raison des visites de fidèles ou de touristes - des mesures, observations et expériences
ont pu être effectuées selon un programme établi à l'avance.
Les hypothèses qui avaient pu être émises a priori étaient:
· Remontée capillaire par l'intermédiaire des dés (les "cales").
· Condensation de l'eau contenue dans l'air pendant les heures chaudes de la journée (c'est-à-dire quand la température des parois du sarcophage est inférieure à celle de l'air ambiant).
· Phénomène de rosée (refroidissement du sarcophage pendant la nuit, par suite du rayonnement, avec abaissement de la température des couches d'air voisines et dépôt de gouttelettes d'eau).
· En complément des deux hypothèses précédentes: traversée possible du couvercle par l'eau condensée (et l'eau de pluie ?) par effet de capillarité et gravité.
Le sarcophage reste d'aspect sec et la température à l'intérieur du sarcophage est supérieure de 2 à 3 degrés à celle de la paroi externe; c'est-à-dire que la condensation se fait sur la face externe et non sur la face interne du couvercle.
Les mesures effectuées ont porté sur:
· La température (thermomètre enregistreur placé à proximité du sarcophage, bande relevée toutes les semaines).
· L'humidité (hygromètre enregistreur placé à côté du thermomètre).
· Le niveau de l'eau dans le sarcophage (niveau repéré, sur une réglette graduée, dans un tube relié par un siphon à l'intérieur du sarcophage).
· La direction et la force du vent.
· La pluviométrie.
Les expériences faites sur place (d'autres expériences ont été faites en laboratoire):
· Mastiquage du pourtour du couvercle de façon à voir si l'eau venait uniquement de l'air qui peut circuler dans le sarcophage.
· Pose d'une housse en nylon sur le couvercle avec un espace de 5 cm laissé pour permettre une circulation d'air.
De façon à rendre les résultats plus significatifs, chaque expérience a été faite pendant au moins une semaine et a été précédée et suivie d'une semaine sans expérience.
En résumé:
Les courbes de températures sont régulières, avec une température minimale vers 6h du matin (valeur 5° C à 6° C en mars, un peu plus élevée en avril). Le maximum à 14 h n'a jamais dépassé 19° C
et la variation journalière moyenne est d'une dizaine de degrés.
Les courbes d'humidité relative sont, elles, irrégulières: de 50 % certains jours à 80 % d'autres. Avec un minimum vers 14 h et un maximum vers 6 h et des valeurs très faibles en présence de
tramontane.
Le point peut-être le plus important est le suivant: deux mois sans pluie correspondent à... deux mois sans variation du niveau d'eau dans le sarcophage (excepté les baisses dues aux prélèvements
de M. le Curé).
Ce premier résultat-constatation est très important. Il montre en effet "qu'il ne se produit pas 1 à 2 litres d'eau chaque jour, et la production n'est donc absolument pas continue, ce qui aurait
pu être vérifié depuis fort longtemps."
Le 10 avril 1961, il tombe 5,5 mm d'eau; le lendemain 6,9 mm... et le surlendemain le niveau d'eau du sarcophage a changé et s'est élevé d'environ 1 mm. Ces relevés et ceux des jours qui suivent
jusqu'au 23 avril sont donnés dans un tableau, transcrit sous forme de courbes.
Ces graphiques (hauteur de pluie cumulée, variation du niveau dans le sarcophage et transformée de la courbe du niveau dans le sarcophage) montrent de manière très claire que... le sarcophage
profite de la pluie pour se remplir !
Les hydrologues - leurs arguments étant étayés par d'autres éléments que les simples tracés précédents - en sont "arrivés à conclure que l'eau met en moyenne cinq jours pour traverser le
couvercle et que un tiers de l'eau de pluie est récupéré en moyenne dans le sarcophage."
Un coup d'oeil indiscret à l'intérieur du sarcophage par les interstices disponibles avait d'ailleurs déjà montré la présence de grosses gouttes d'eau rassemblées en quelques endroits du
couvercle (la pluie précédant cette observation datant de 20 jours avant, cela montre que l'écoulement de toute l'eau peut être assez long comparé à la moyenne).
De l'eau versée goutte à goutte sur le couvercle du sarcophage disparaissait presque immédiatement en humidifiant un cercle de plus en plus grand, et bien que la surface du couvercle soit très en
pente, le cercle mouillé avait son centre exactement au point d'impact de la goutte. Certaines zones du couvercle sont beaucoup plus poreuses que d'autres.
La surface du couvercle est irrégulière et présente notamment des petits trous hémisphériques de 1 à 2 mm de diamètre. qui, une fois remplis, se vident en 45 secondes environ.
Des tests de perméabilité ont également été faits sur des échantillons de marbre provenant de la "seule carrière qui ait pu vraisemblablement fournir à l'époque le matériau dans lequel a été
creusé le sarcophage."
Au passage, l'étude nous apprend que certaines expressions sont trompeuses. Ainsi lorsque l'on dit ou écrit "le sarcophage déborde parfois", ce qui fait penser à - au moins ! - un filet d'eau qui
coule, la réalité contenue dans cette expression est différente puisqu'elle est tirée d'un constat signé par dix personnes le 3 avril 1942 et qui dit:
"le sarcophage est plein, le liquide déborde, une grosse goutte tombe toutes les deux minutes sur le devant du tombeau." (le tombeau est légèrement incliné, ce qui explique le débordement en un
point bien précis seulement).
La conclusion générale de ce rapport technique sur le sarcophage d'Arles-sur-Tech est la suivante:
"Le couvercle du sarcophage est perméable, et l'eau de pluie y pénètre, met quatre à six jours en moyenne pour traverser la pierre, et s'écoule ensuite goutte à goutte à l'intérieur. Comme il ne peut y avoir une circulation d'air importante entre l'extérieur et l'intérieur, il n'y a pratiquement pas d'évaporation et l'eau peut donc bien s'accumuler. Comme, de plus, l'eau de pluie lave et attaque même légèrement le couvercle, celui-ci reste propre et perméable et le phénomène peut se prolonger indéfiniment."
"Pourquoi alors l'eau reste-t-elle dans le sarcophage, puisque le corps de celui-ci est également en marbre ? Tout d'abord, la pierre n'a pas rigoureusement le même aspect, et il est possible qu'elle ait été taillée dans un banc très peu perméable. D'autre part, l'eau stagnante dans le sarcophage laisse déposer les moindres particules qu'elle peut contenir, et il se dépose également le peu de poussière qui arrive à passer par les interstices."
Plus de 2 kg de boue noire ont été retirés du sarcophage en 1950, provenant d'un dépôt de 155 ans maximum - ouverture sûre en 1795 mais on ne sait pas si entre cette date et 1950 il fut ouvert.
"On peut également penser qu'un peu de poussière est entraîné par l'eau qui ruisselle sur le couvercle et pénètre entre couvercle et corps (phénomène de la "goutte pendante"...) ... les dépôts ont dû, au cours des siècles, rendre le sarcophage étanche en pénétrant dans les pores mêmes de la pierre..."
La conclusion signale encore que, le couvercle étant perméable, le phénomène de rosée reprend toute sa valeur, car l'eau qui se dépose sur le couvercle peut ensuite pénétrer.
En résumé et comme le disait le professeur Cyprien Leborgne en présentant le travail: "nous avons travaillé, cogité, sondé, palpé, siphonné - que sais-je encore ? - et - horresco referens ! - nous avons mis le doigt... sur la goutte qui remplit le sarcophage."
Le fabuleux mystère du sarcophage d'Arles-sur-Tech porté à la connaissance du grand public par l'émission "Mystères" de TF1 se réduit donc dans les faits à un phénomène on ne peut plus naturel... qui n'aurait, suite à l'enquête des hydrologues de 1961, plus attiré l'attention de personne n'était la désolante et lamentable désinformation à laquelle se sont livrés les producteurs (Société "Sygma Télévision") de cette émission et le journaliste présentateur.
Une "anecdote" montre bien également le parti-pris obscurantiste des producteurs:
Des mois avant la diffusion de l'émission en question en 1992, le journaliste Olivier Laraque, travaillant pour cette société de production, m'avait contacté lors de l'élaboration et la mise en
forme de la (future) série "Mystères" pour jouer "le scientifique de service".
Entre autres sujets évoqués: ... le sarcophage d'Arles-sur-Tech !
Sujet pour lequel j'avais évidemment clairement explicité au journaliste, en lui détaillant la solution, que le mystère n'en était pas un.
Mais, curieusement, je n'eus plus aucun contact et je découvris quelque temps plus tard, dans la première émission Mystères, la désolante présentation de cette énigme "non résolue"...
L'imperméabilité - sans jeu de mots - à la Zététique semble fortement répandue dans le milieu dit journalistique.
Bref vous l'avez compris , a vous de vous faire votre propre idée...
La catastrophe de la caravelle Ajaccio-Nice, les familles des victimes s’apprêtent à relancer l’enquête.
La catastrophe de la caravelle Ajaccio Nice qui s’est abîmée en mer le 11 septembre 1968, au large du cap d’Antibes faisant 95 victimes, a-t-elle été provoquée par un tir de missile d’exercice ?
Cette question hante la plupart des familles des victimes depuis trente-sept ans. Elles estiment n’avoir obtenu du ministère de la Défense que des réponses partielles. Louis Paoli dont les
parents Ange-Marie et Toussainte comptaient ce jour-là parmi les passagers, se bat avec son frère Mathieu à la tête d’un collectif des victimes (qui représente 35 familles) afin d’obtenir la
vérité. Ils ont recueilli un certain nombre de témoignages troublants susceptibles d’accréditer la thèse d’un crash provoqué lors d’un exercice de tirs de missiles. Seulement, ces témoignages
n’ont pas un caractère officiel.
Qu’importe pour les frères Paoli. Animés par une farouche détermination, ils viennent d’entamer des démarches afin de relancer l’enquête au plan judiciaire grâce à de nouveaux témoignages qu’ils
ont recueilli et réservent à la justice : « nous disposons désormais de témoignages suffisamment crédibles pour relancer les investigations. Pour nous la thèse du missile est plus que jamais
recevable ».
En effet, au moment où, en ce 11 septembre 1968, la caravelle d’Air France survole la Méditerranée des opérations militaires ont lieu en mer et dans les airs. Deux Mystère IV, en particulier,
procèdent à des essais de tirs de missiles. C’est la raison pour laquelle, dans une liste de questions adressées au ministre de la Défense, le 9 janvier, les frères Paoli demandent d’avoir accès
aux nombreux documents relatifs aux opérations militaires en cours, ce jour-là. Les deux responsables du collectif des victimes ont été reçus au ministère de la Défense le 12 octobre 2004. De
hauts responsables militaires leur ont remis divers documents classés Secret-Défense : « nous pensons que ces documents étaient triés de même que ceux que nous expédient les autorités militaires
aériennes et maritimes », estime Louis Paoli.
Le collectif des victimes réclame, en particulier ce qui est signifié dans un procès-verbal des renseignements généraux, établi le 11 mai 1970. À savoir l’existence de 9 000 photos sous-marines
prises au cours d’opérations effectuées en mars 1969. Confrontée à ces demandes, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie ne s’est jamais dérobée.
Dans un courrier en 2004, la ministre précisait : « l’accident de la caravelle ne peut être imputable aux forces armées qu’il s’agisse de la marine, de l’armée de l’air ou de la Délégation
générale de l’armement ou de toute autre force ou unité. En effet, écrivait-elle, le Centre d’essai de la Méditerranée de l’île du Levant n’a procédé à aucun essai de tirs de missile entre le 26
juillet et le 23 septembre 1968 ».
Louis et Mathieu Paoli, qui ne mettent pas en doute la bonne foi de la ministre de la Défense, estiment cependant que ce dossier sensible a sans doute été « expurgé » des renseignements délicats,
au moment des faits. Dès lors, soutiennent-ils, les documents, consultables actuellement, ne contiennent aucun élément significatif. Dans un courrier qu’elle a adressé aux frères Paoli, le 24
janvier, la ministre de la Défense observe que les enquêtes judiciaires et administratives « qui ont été conduites en leur temps n’ont pu que conclure à l‘absence de preuve de l’origine
criminelle ou délictuelle des faits en cause. Il vous appartient, précise Michèle Alliot-Marie, si vous l’estimez utile, de solliciter la réouverture de l’information judiciaire pour charges
nouvelles ». Telle est la ferme intention des deux frères qui recherchent toujours, parallèlement, de nouveaux témoignages. (1) Louis Paoli se tourne désormais vers le chef de l’État. Il vient
d’écrire au président de la république au nom des familles des victimes qui s’estiment bafouées : « les pouvoirs publics, notamment les ministères des transports de la Défense, de la justice et
des Transports, ne sont pas dans un esprit de transparence totale dans ce douloureux dossier ». Les familles des victimes qui ont droit à la vérité quelle qu’elle soit, ne sont sans doute pas au
bout de leurs peines.
38 ans après : le devoir de vérité de l’État.
L’État désormais ne peut plus se dérober. Le ministère de la Défense a le devoir de révéler la vérité, s’il la détient, aux familles des 95 victimes de l’accident de la Caravelle Ajaccio-Nice.
Chaque 11 septembre, depuis 38 ans, ces familles voient ressurgir les sombres images de la récupération des corps de leurs proches au large du cap d’Antibes. C’est là, qu’à 10H33 la Caravelle
Ajaccio-Nice s’est écrasée à 280 km à l’heure. Les derniers messages du commandant de bord, enregistrés par la tour de contrôle demeurent toujours aussi mystérieux : « J’ai des ennuis… Nous
demandons atterrissage… Nous avons le feu à bord ».
Jusqu’à présent, les proches des victimes ont dû se contenter d’un rapport de neuf pages, de la commission d’enquête du ministère des Transports qui concluait en 1970 que la perte de l’appareil
avait pour cause un « incendie » qui se serait produit à l’arrière de l’avion, dans les toilettes, à « l’origine indéterminée ». La commission ne fut pas en mesure d’établir les causes du
sinistre. Juste des hypothèses : un mégot mal éteint aurait mis le feu à la moquette des toilettes.
Depuis 38 ans, les familles des victimes ont le sentiment de se heurter à un mur de silence. Elles ne parviennent pas à faire leur deuil. Nombreuses, sont celles qui ont renoncé à, enfin, obtenir
la vérité. Pourtant, certaines n’ont pas baissé les bras. Louis, Jacques et Mathieu Paoli dont les parents ont trouvé la mort ce 11 septembre 1968, ces trois frères poursuivent une véritable
croisade. Inlassablement.
Après avoir multiplié les démarches, ces dernières années auprès du ministère de la Défense, les frères Paoli viennent de franchir une étape importante. Ils ont déposé une plainte, en fin de
semaine dernière, à Nice d’« homicide involontaire contre l’État pris en la personne du ministre de la Défense et du ministre des Transports ». Ils assurent disposer de témoignages troublants «
confirmant qu’un missile non armé est à l’origine de l’accident ».
Le dossier que leurs avocats ont remis à la justice s’appuie sur des témoignages d’anciens militaires. Le plus récent rapporte la confession, indirecte de l’un d’eux ayant participé au tir de
missile. Un autre témoin, Pierre Loffredi, qui effectuait en 1970 son service national au centre de programmation de la marine à Paris confie : « Un ingénieur chargé de la programmation des
missiles sol-air m’avait confié qu’une erreur dans le programme de guidage des missiles avait provoqué la destruction de l’avion ».
Ces témoignages permettront-ils de relancer des investigations ? Un problème de prescription risque de se poser. L’information judiciaire a été close par un non lieu en juin I973. La prescription
de « l’action publique » est acquise depuis 1983. Le Procureur Éric de Montgolfier se montre sceptique, interrogé par l’Afp «Sauf à modifier les règles de la prescription, je ne vois pas bien sur
quoi cela pourrait déboucher».
Que la justice se saisisse de nouveau ou non du dossier, le but que se sont fixé les frères Paoli est d’obtenir la levée du secret défense à laquelle « les autorités se refusent, jusqu’à présent,
tout en affirmant le contraire. On nous promène », dénonce Louis. Pourtant, Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Défense a donné accès aux documents relatifs à l’accident, détenus par le
service historique de la défense. Le 20 avril, elle précisait : « j’envisagerai la levée du secret de la défense dans l’intérêt de la manifestation de la vérité ».
Des propos encourageants pour les familles des victimes. Cette levée du secret défense, le sénateur maire de Nice la réclame depuis de nombreuses années. Jacques Peyrat s’est montré
particulièrement sensible à ce drame.
En 1968, il avait participé à la récupération des corps des victimes. Le maire de Nice est à l’origine de la stèle érigée à Ferber sur laquelle sont gravés les noms des 95 passagers et membres
d’équipage. Devant ce mémorial, le 9 septembre, Jacques Peyrat confiait : « La Grande Muette doit s’incliner devant la justice. La thèse du missile est la plus probable. Aussi faut-il lever le
secret défense. Après tant d’années, cela ne signifie plus rien ».
Pour cause de prescription, le dossier du crash de la caravelle Ajaccio-Nice qui s'est abîmée en mer (11 septembre 1968), dû peut-être à un missile, ne devrait pas être
rouvert. Nous avons cependant recueilli de nouveaux témoignages.
Saura-t-on un jour si la caravelle Ajaccio-Nice qui s'est abîmée en mer le 11 septembre 1968 a bien été victime d'une « bavure » militaire ? Même si l'enquête parallèle menée par l'une des
familles des victimes a récemment avancé de manière notable, ce n'est pas sûr. Tout simplement parce que le dossier a fait l'objet d'un non-lieu et que les faits sont prescrits, ce qui interdit
toute nouvelle enquête judiciaire. Également parce que, pour l'instant, si un certain nombre d'éléments et de révélations permettent de douter de la version officielle qui conclut à un accident
dû à un incendie ayant endommagé un réacteur (voir le dossier de Corsica de décembre 2004), aucun témoignage direct n'est venu formellement contredire la thèse de l'accident entérinée par la
justice. Témoignages qui, depuis le temps, auraient pu éventuellement venir de techniciens ou de militaires ayant participé aux manoeuvres militaires qui, le 11 septembre 68, auraient entraîné le
tir incontrôlé d'un missile vers la caravelle. Missile d'essai, non chargé (sinon la caravelle aurait explosé) qui aurait, selon la thèse des familles de victimes et de certains témoins, pu
percuter, en l'endommageant, l'un des réacteurs de l'avion.
Après avoir passé des années à commémorer la catastrophe aérienne qui, rappelons-le, a fait 95 morts, en tentant en permanence d'obtenir des informations complémentaires du ministère des Armées,
dont ils ont fini par rencontrer des responsables en 2004, les frères Paoli, Mathieu et Louis, qui représentent les familles, ont décidé de solliciter à nouveau la justice. En septembre 2006,
leurs avocats ont déposé une plainte auprès du procureur de Nice, Éric de Montgolfier, en appuyant leur démarche sur toute une série de documents et, surtout, de six nouveaux témoignages écrits
susceptibles de remettre en cause la version officielle. Démarche destinée à relancer l'affaire mais qui, compte tenu de la prescription, ne pouvait aboutir à une quelconque réouverture du
dossier. Fait nouveau ou pas.
Le 10 février dernier, n'ayant eu aucune nouvelle du parquet de Nice, ils se sont décidés à rendre public l'existence de ces témoignages lors d'une conférence de presse.
Nous avons, quant à nous, pu joindre directement ces témoins. L'un d'eux, Jacques Lalut, un ancien commandant de bord aujourd'hui âgé de 84 ans qui avait déjà raconté son aventure dans un livre
de mémoires, authentifie, lui, la réalité des tirs de missile parfois incontrôlés en Méditerranée. Alors que trois jours après le crash de la caravelle, après avoir décollé de Marignane, il
pilotait, de nuit, un avion de la Tunis-Air, lui et son co-pilote ont aperçu sur leur trajectoire « un missile qui était passé à deux kilomètres de l'appareil ». « Si j'avais décollé 20 secondes
plutôt, affirme-t-il, j'y avais droit. Et lorsque j'ai signalé - immédiatement - l'incident à ma station relais radio, près de Toulon, demandant de me donner des précisions sur la position du
missile, on m'a répondu l'avoir vu tomber dans la mer au large du cap Bénat. J'ai prévenu la Direction de l'Aviation Civile à Paris, et je n'ai plus entendu parler de rien. »
Un autre témoin, Pierre Lofreddi, 61 ans, à l'époque stewart à Air-France, a non seulement vécu les faits « en direct », puisqu'il était dans le cockpit de l'avion 707 qui est arrivé à Nice juste
après la disparition de la caravelle, mais a obtenu ensuite des informations qui ont conforté sa conviction, à l'époque partagée par ses collègues, que le crash avait bien été provoqué par un
missile incontrôlé. « Juste après l'accident, raconte-t-il, la plupart des navigants, dont les commandants de bord, qui savaient qu'il y avait des manoeuvres militaires dans la région, penchaient
pour cette hypothèse. Les plus techniciens d'entre nous pensions que l'explosion du réacteur avait provoqué la coupure des circuits hydrauliques de l'appareil devenu de ce fait incontrôlable
».
Il poursuit : « Deux ans après, en 1970, alors que je faisais mon service militaire, compte tenu de mes capacités en informatique, j'ai été affecté au centre de programmations de la Marine, à
Paris dans le quinzième arrondissement, où l'on s'occupait principalement de missiles ou de torpilles. Là, lors d'une conversation avec des ingénieurs, j'ai évoqué le crash de la caravelle
Ajaccio-Nice et ceux-ci m'ont dit qu'ils étaient parfaitement au courant et qu'il y avait eu un bug dans le programme de guidage mis au point. Ils m'ont indiqué que lorsqu'ils avaient refilé les
missiles aux opérationnels, ils en avaient paumé un sur leur écran radar et l'avaient laissé filer au lieu de le détruire, pensant qu'il allait s'abîmer en mer. Manque de pot, il aurait été
attiré par la chaleur et aurait croisé la route de la caravelle. Si je me souviens bien, ils m'avaient précisé que le missile avait été tiré d'une base se trouvant sur l'île du Levant. J'en ai
parlé à ma femme, et j'ai fini par oublier l'affaire. Jusqu'à ce que j'entende parler de la démarche des frères Paoli et que j'adresse un témoignage au procureur Montgolfier dans le but de forcer
l'État à reconnaître sa faute ».
Noël Chavanet, lui, était stagiaire en 1972 à la Thompson à Vélizy, dans la banlieue parisienne, lorsqu'il aurait rencontré un ingénieur du département radar qui, à l'époque des faits,
travaillait à la mise au point des systèmes de déclenchement des missiles solaires. « Il m'a déclaré, affirme-t-il, que lors des premiers essais, en Haute-Provence, un missile avait échappé à
ceux qui l'avaient lancé et percuté par erreur la caravelle Ajaccio-Nice ».
Autre témoignage plus étonnant, celui de Bernard Famchon. « En 1970, dit-il, alors que je faisais mon service militaire au 40e régiment d'artillerie, au camp de Suippes, à côté de Mourmelon en
Champagne, j'étais serveur au foyer auquel pouvaient accéder tous les soldats qui venaient à l'époque faire des manoeuvres dans le camp. Un soir, l'un d'entre eux s'est écroulé en pleurant sur le
comptoir. Il disait vouloir parler à quelqu'un parce qu'il n'en pouvait plus. Il voulait, comme on dit, soulager sa conscience et nous a raconté que deux ans auparavant il était serveur sur une
batterie de missile couplée à un système radar où il attendait le passage d'un avion cible. Lorsque la cible supposée est passée, le missile avait été lâché et avait atteint la caravelle
Ajaccio-Nice... Il a ajouté que les autorités militaires les avaient ensuite contraints à garder le silence. Ce que, visiblement, il ne supportait plus ».
Ce n'est qu'il y a trois ans, alors qu'il pensait que cette affaire était réglée et la thèse du missile établie, que Bernard Famchon a découvert, dans un journal, le combat des frères Paoli et a
décidé de les contacter pour témoigner.
Autre témoignage adressé au parquet de Nice, celui de Jean Machon. Alors qu'il effectuait son service militaire au ministère de l'Air, à Paris, en 1969, un an donc après le crash de la caravelle,
il affirme avoir eu connaissance d'un « document confidentiel » qui faisait état de « l'erreur » qui avait conduit à cette catastrophe. « Il s'agissait d'un télex d'une dizaine de lignes, se
souvient-il, qui était tombé entre les mains d'un copain qui travaillait, lui aussi en tant qu'appelé, à l'État-major, le ministère étant commandé par le Général Morvan. Il n'aurait jamais dû
avoir ce document entre les mains et il me l'a montré. Malheureusement, on en a pris connaissance et on l'a détruit, parce que, à l'époque, on ne savait pas comment l'utiliser. On avait 19 ans,
on n'a même pas pensé à faire une photocopie... On en a juste parlé à deux trois copains et moi, à mes parents, lorsque je suis rentré chez moi, à Maubeuge, lors d'une permission... »
Pour le reste, Jean Machon, qui se reproche encore son manque de réaction, ignore d'où venait ce télex et à quoi il était exactement destiné. Par contre, il se souvient du nom de celui qui avait
récupéré le télex : un certain Daniel Bouedec, originaire de Guingamp, dont ni lui ni les frères Paoli qu'il a contactés il y a trois ans, n'ont jusqu'ici retrouvé la trace... C'est d'ailleurs en
faisant ce travail de fourmi destiné à retrouver des témoins de plus en plus proches des faits que Louis et Mathieu Paoli, qui tiennent bon depuis des années, parviendront peut-être à établir
publiquement ce qu'ils n'arrivent pas, pour l'instant, à faire reconnaître par l'armée et la justice qui a depuis longtemps bouclé une affaire aujourd'hui largement oubliée.
Combien d’années encore les familles des victimes de la catastrophe de la caravelle Ajaccio-Nice (95 morts, le 11 septembre 1968) vont-elles lutter pour connaître enfin la
vérité ? Combien d’années encore devront-elles réclamer la réouverture de l’enquête ? Les explications que livre le Ministère de la Défense, depuis le drame, ne satisfont pas les proches des
victimes.
Ces victimes qui auraient été effacées de la mémoire collective, au nom de la raison d’État, si chaque 11 septembre, depuis 39 ans, des cérémonies ne leur rendaient hommage, tant à Nice qu’à
Ajaccio. Les blessures des familles demeurent toujours aussi vives. Un sentiment renforcé par la décision, l’an dernier, du procureur Éric de Montgolfier de classer « sans suite » le dossier de
la catastrophe : « les faits sont prescrits. Il est impossible de rouvrir le dossier d’un point de vue judiciaire », a répété le procureur.
Les familles ne l’admettent pas. Depuis 1968 elles sont persuadées que la caravelle a été « abattue par un missile non armé provoquant un incendie ». En dépit de cette apparente impasse
judiciaire, trois frères, Jacques, Mathieu et Louis Paoli dont les parents ont trouvé la mort dans cette catastrophe, continuent de lutter afin de connaître la vérité « nous irons jusqu’au bout
», assène Louis Paoli. La détermination dont témoignent les familles, s’est considérablement renforcée ces derniers mois. Nous avions fait état de six témoignages accréditant la thèse du missile.
Ils avaient été transmis à Éric de Montgolfier. En vain. Le 12 février dernier, les frères Paoli ont révélé ces témoignages.
Depuis, plusieurs témoins ont décidé de sortir de leur silence : le dossier des frères Paoli s’est renforcé. De six témoignages recueillis au départ, une dizaine d’autres personnes ont accepté de
raconter, par écrit ce qu’elles savent. Ces nouveaux récits sont particulièrement troublants. Ainsi en est-il de la déclaration d’un promeneur, Étienne Bonnet. Le 11 septembre 1968, il se
trouvait, vers 10H30, au bord de mer entre Juan-les-Pins et Golfe-Juan. Muni d’une paire de jumelles, il regardait l’évolution de gros poissons :
« j’ai regardé la caravelle qui descendait assez lentement vers Nice. Soudain, une traînée bleu ciel, provenant de l’extérieur, frappa l’appareil à la hauteur du réacteur sur son côté gauche. Un
incendie se déclara. Puis, une terrible explosion se produisit. Des boules de feu se confondaient avec les nuages et des morceaux en feu tombaient sur la mer. Une deuxième explosion eut lieu et
le reste de l’appareil tomba en feu dans la mer ».
Ce témoignage accréditant que la caravelle a été percutée de l’extérieur est considéré comme déterminant par Mathieu Paoli. Il a demandé à cet homme pour quelle raison il parlait si tard : « il
m’a expliqué qu’il avait eu peur. Aujourd’hui, je veux soulager ma conscience ».
Certes, ce témoignage ne suffit pas à rouvrir une enquête. Il n’est cependant pas unique. Ainsi, un appelé qui était en poste radar à Prunet-Belleville au PC de défense Nord de la France chargé
de la surveillance de l’espace aérien, raconte : « Je travaillais en salle d’opération en tant que sous-officier le jour de la catastrophe. La caravelle aurait subi un tir d’essai de missile
sol-air qui aurait détruit l’appareil. C’est la version qui a été évoquée en salle d’opération par les officiers.
Ce témoignage complète d’autres qui méritent d’être étudiés. C’est le cas de celui de Bernard Famchon. Il était serveur au foyer du 40e Régiment d’artillerie à Suippes, près de Mourmelon. : « Un
soir de l’été 1970, un militaire a fondu en larmes. J’étais en septembre 1968, en Méditerranée, servant sur une batterie a-t-il confié. Nous disposions d’un radar automatique, couplé avec la
batterie qui devait abattre un avion cible militaire qui allait passer. Tout était réglé automatiquement. Quand l’avion est passé sur le radar, l’automatisme a fonctionné, le missile est parti.
Aussitôt après, on nous a prévenus qu’il fallait arrêter le tir car il y a avait un avion civil qui arrivait. Mais c’était trop tard : le missile était parti ! ».
Ces témoignages, parfois indirects, ne constituent pas des preuves d’un point de vue judiciaire. Ils confortent la thèse du missile. Désormais, l’État se doit de dire la
vérité.
Majestic 12 (aussi connu sous le nom de Majic 12, Majestic Trust, M12, MJ 12 ou MJ XII) est le nom de code d'un groupe secret de scientifiques, chefs militaires et personnes du gouvernement,
formé en 1947 sous l'ordre du Président des États-Unis, Harry S. Truman.
L'objectif était de s'informer sur les activités d'OVNI, après l'incident de Roswell, où un engin extraterrestre se serait écrasé tout près de Roswell, au Nouveau-Mexique, en Juillet 1947. Ce groupe est un élément majeur pour ceux croyant que le gouvernement connait l'existence des OVNI, mais ne confirme pas la véracité au grand public.
La controverse de Majestic 12:
Sans pouvoir préjuger de la question de l'existence des ovnis, la présence de la MJ-12 parmi les institutions fédérales est en soi une toute autre question. Le FBI ouvrit une enquête le 15 septembre 1988, soit l'année suivant la publication d’Opérations spéciales du comité Majestic-12. Le 30 novembre suivant, le bureau des investigations spéciales de l'US Air Force confirma au FBI que les documents étaient des faux. Mais plusieurs auteurs et personnalités phares de la théorie du complot pensent qu'il s'agit d'une conspiration du silence.
Histoire supposée de la Majestic 12:
À en croire les Opérations spéciales du comité Majestic-12, cette agence aurait été fondée le 24 septembre 1947, peu après le supposé crash d'ovni à Roswell, sur recommandation du Dr. Vannevar Bush et du Secrétaire à la Marine des États-Unis James Forrestal par un décret-secret — procédure d'exception aux USA — du président Harry S Truman. Le but de cette agence aurait été de décrypter les principes de certaines technologies, voire d'appliquer des techniques dites de rétroconception (reverse engineering) sur le matériel déjà récupéré. Le premier directeur de cette agence, aurait été le célèbre Vannevar Bush, docteur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, qui a occupé durant l'année 1947 le poste de PDG de la société AT&T. La création de cette agence n'apparaît dans aucun texte officiel, ni dans l'organigramme de la défense des États-Unis. Ce qui n'a rien d'étonnant étant donnée la nature du secret...
La mort du Secrétaire Forrestal le 22 mai 1949 aurait laissé une place vacante jusqu'au 1er août 1950, date à laquelle le Général Walter B. Smith aurait été désigné comme remplaçant permanent.
Les documents relatifs au MJ 12 furent présentés à la presse en juin 1987 par l’ufologue américain William Moore , - ufologue qui s’intéressa de près au cas Roswell et principal propagateur de la théorie du complot et du conspirationnisme -, au cours du symposium annuel du MUFON (Mutual Ufo Network), une des principales associations ufologiques américaines. Les documents seraient parvenus sous forme microfilmée (35 mm.) en 1984 à un ami producteur de Moore, Jaime Shandera. Ce dernier et W. Moore s’étaient associés dans une recherche tous azimuts de documents officiels concernant les ovnis. Le film aurait révélé un document de huit pages adressé au président Dwight Eisenhower et rédigé par le contre-amiral Roscoe Hillenkoetter. Voici la transcription du texte qui accompagnait la révélation faite au président, de l’existence du groupe MJ et de l’identité de ses membres, dont la personnalité et les parcours seront étudiés plus avant :
Le 24 juin 1947, un pilote civil volant au-dessus des « Cascads Mountains » dans l’État de Washington observait neuf aéronefs en forme de disque volants en formation à une très grande vitesse. Bien que ce ne soit pas la première observation connue de ce type d’objets, ce fut la première à monopoliser une aussi grande attention dans les médias publics. Des centaines de rapports d’observation d’objets similaires suivirent. Beaucoup d’entre eux émanaient de sources militaires et civiles hautement crédibles. Ces rapports résultaient d’efforts indépendants poursuivis par divers services militaires pour établir la nature de ces objets dans l’intérêt de la défense nationale. Un grand nombre de témoins furent entendus et il y eut beaucoup de tentatives vaines d’utilisation d’avions pour poursuivre en vol ces disques dont beaucoup attestaient la réalité. La réaction du public fut par moments proche de l’hystérie.
Malgré ces efforts, aucun indice substantiel n’avait été recueilli avant qu’un fermier local ne rapporte le crash d’un de ces disques dans une région reculée du Nouveau-Mexique, située approximativement à 75 miles [120 kilomètres] au nord-ouest de la base aérienne de Roswell (actuellement « Walker Field »).
Le 7 juillet 1947, une opération secrète fut montée pour assurer la récupération des débris de l’engin en vue d’une étude scientifique. Au cours de l’opération, une expédition de reconnaissance fit la découverte de quatre petits humanoïdes ayant été apparemment éjectés du vaisseau avant qu’il n’explose.
Ceux-ci étaient tombés à terre à environ 2 miles [3,2 km.] du site du crash. Les quatre étaient morts et sérieusement décomposés du fait de l’action des prédateurs et de l’exposition aux intempéries durant environ une semaine avant qu’ils ne soient découverts. Une équipe spéciale de scientifiques fut chargée d’emmener les corps afin de les étudier. Les débris de l’épave furent également acheminés en divers endroits[réf. nécessaire]. Les témoins civils et militaires de la région furent débriefés et il fut donné à de nouveaux reporters une version de l’histoire selon laquelle l’objet n’était qu’un ballon-météo expérimental mal guidé.
Des efforts d’analyse secrets furent organisés par le général Twining et le Dr. Bush, agissants sous les ordres directs du Président, amenèrent à un consensus préliminaire (19 septembre 1947), selon lequel le disque semblait être un petit vaisseau de reconnaissance. Ces conclusions se basaient en partie sur la taille de l’objet et sur le manque apparent d’un quelconque provisionnement identifiable. Une analyse similaire des quatre corps des occupants fut menée par le Dr. Bronk. La tentative de conclusion de ce groupe (30 novembre 1947), fut que quoique ces créatures furent d’apparence proche de l’humain, les processus biologiques et d’évolution responsables de leurs développements étaient apparemment complètement différents de ceux observés ou postulés chez l’Homo-sapiens. L’équipe du Dr. Bronk suggéra le terme d’ « Entités Biologiques Extraterrestres » ou « EBE » et l’adopta comme le terme standard de référence pour ces créatures avant qu’une désignation plus définitive ne vienne un jour à être désignée.
Comme il était virtuellement certain que cet aéronef n’était originaire d’aucun pays de la Terre, de considérables spéculations furent concentrées autour de la question de leur point d’origine et des moyens employés pour parcourir de telles distances. Mars était et demeurait une possibilité, quoique certains scientifiques, comme notamment le Dr. Menzel, affirmaient que nous avions vraisemblablement affaire à des êtres issus d’un tout autre système solaire.
De nombreux exemples de ce qui apparut comme une forme d’écriture, furent retrouvés parmi les débris. Les efforts fournis pour les déchiffrer se révélèrent vains. Également vains furent les efforts déployés pour déterminer la méthode de propulsion ou la nature du mode de transmission de la source d’énergie du vaisseau. Ce type de recherches a été compliqué par l’absence complète d’éléments identifiables tels que des ailes, propulseurs, jets ou autres méthodes conventionnelles de propulsion et de guidage et il en fut de même concernant le manque total d’installations métalliques, tubes à vide et autres composants électroniques similaires et reconnaissables. Il fut établi que l’unité de propulsion avait été complètement détruite lors de l’explosion qui avait provoqué le crash.
Le besoin du plus grand nombre d’informations additionnelles concernant ce vaisseau conduisit à l’établissement du projet de l’US Air Force connu sous le nom de Projet SIGN en décembre 1947. Afin de préserver la sécurité, les liaisons entre SIGN et le Majestic 12 furent limitées à deux rencontres au sein de la Division Renseignement de l’Air Materiel Command, dont le rôle était de laisser filtrer certains types d’informations par différents canaux. SIGN évolua en Projet GRUDGE en décembre 1948. L’opération est actuellement en train d’être conduite sous le nom de code BLUE BOOK, avec des liaisons maintenues au travers de l’US Air Force qui est la tête du projet.
Le 6 décembre 1950, un second objet, probablement d’une origine similaire, heurta la terre à une grande vitesse dans la région de El Indio Guerrero, à la frontière entre le Texas et le Mexique, après avoir suivi une longue trajectoire au travers de l’atmosphère. Avant qu’une équipe de chercheurs ne soit parvenue sur les lieux, ce qu’il restait de l’objet avait été complètement incinéré. Le plus de matériel qu’il fut possible de récolter, fut acheminé pour études jusqu’aux installations de Sandia (Nouveau-Mexique).
Les implications sur la sécurité nationale sont d’une importance continue, en ce qui concerne les motivations et les intentions ultimes de ces visiteurs qui demeurent inconnus. De surcroît, une recrudescence dans l’activité de surveillance de ces vaisseaux commença en mai, continuant tout l’automne de cette année et laissant à penser que de nouveaux développements étaient imminents. C’est pour ces raisons, aussi bien pour d’évidentes considérations internationales et technologiques, que pour le besoin suprême d’éviter à tout prix la panique du public, que le groupe Majestic 12 décida unanimement de maintenir les plus strictes précautions de sécurité, sans interruptions au cours des différentes administrations…
Les documents MJ se poursuivaient sur un mémorandum au secrétaire à la Défense daté du 24 septembre 1947, signé de la main du président Truman et lui donnant toute latitude, ainsi qu’au DCI et au Dr. Vannevar Bush, pour l’établissement de l’organisation Majestic 12, ainsi que deux mémorandums datés de 1953 et 1954 avisant le général Twining de réunions secrètes relatives au groupe MJ et à la sécurité nationale. Le mémorandum Truman de 1947 indiquait en appendice A :
Je continue à croire que toute réévaluation des dispositions arrêtées concernant cette affaire doit demeurer du ressort exclusif du bureau du Président après discussions appropriées avec vous-même, le docteur Bush et le DCI [Director of Central intelligence].
La question de la validité:
Beaucoup d’auteurs avaient formulé l’hypothèse, bien avant la mise à jour des documents MJ, qu’une organisation ultra-secrète paragouvernementale, gérait le fait ovni et la politique de secret à ce sujet. On trouve trace de cette idée dans le livre de Edward J. Ruppelt, « Face aux soucoupes volantes ». Le lieutenant Ruppelt, né en 1922 et décédé d’une crise cardiaque en 1959, avait été entre 1951 et 1953, le directeur du projet Blue Book, prétendument chargé de l’étude des observations d’ovnis. Relevé de ses fonctions en 1953, Ruppelt s’efforça de briser le silence gouvernemental concernant le sujet. Ces propos sont donc parés d’une certaine crédibilité, attendu qu’il fut dès les années cinquante et de par ses fonctions, étroitement lié au phénomène ovni. « Un seul groupe de gens a eu accès à nos archives. Il ne s’agissait pas de fanatiques ni d’écrivains de pacotille, mais de savants engagés par le gouvernement : des spécialistes des fusées, des physiciens nucléaires et des experts des renseignements. Ils s’étaient groupés pour étudier nos rapports parce qu’ils avaient la conviction que certains de ceux-ci, ceux des lumières de Lubbock en particulier, concernaient vraiment des véhicules interplanétaires ». Comme nous le verrons dans une prochaine partie, d’autres témoignages évoquèrent le même type d’organisation, ainsi que le très haut degré de classification du dossier pour les pouvoirs publics américains.
Ainsi, la révélation de l’existence de ces documents connurent un grand retentissement et furent recueillis le 15 septembre 1988 par l’antenne du FBI à Dallas (Texas). Une enquête administrative fut mise en œuvre afin de déterminer la validité de ces documents et la raison de leur étalage dans les médias, le FBI étant le principal organe de contre-espionnage des États-Unis. Le 30 novembre 1988, le FBI affirma avoir déterminé de façon certaine que les documents MJ étaient des faux, mais l’agitation ne cessa pas pour autant dans le monde ufologique qui ne put pas manquer d’être troublé par les personnalités des différents membres, tous très liées au fait ovni. Il convient cependant de noter, de prime abord et à la décharge des sceptiques, que les documents MJ ayant été expédiés à Shandera sous forme micro-filmée, personne n’eut jamais en main les documents originaux, ce qui en soit n’établit pas de façon absolue que le mémorandum soit un faux, mais relativise cependant les certitudes des plus acharnés défenseurs du conspirationnisme américain. C’est Philip Klass, éditeur de la revue « Skeptics Ufo Newsletter » et ardent négateur du fait ovni, qui porta les critiques les plus décisives sur les documents, particulièrement sur le mémorandum au Secrétaire à la Défense James Forrestal, signé par le président Truman. Klass constate que sur chacune des signatures de Harry Truman, le « T » dépasse du bas du texte et il note également que le président avait coutume d’apposer sa signature assez loin du corps du texte alors que ces caractéristiques ne se retrouvent pas sur le document MJ. Philip Klass retrouve ainsi une lettre du président en date du 1er octobre 1947, comprenant une signature identique à celle des documents MJ. La proportion de chances pour qu’une signature soit reproduite deux fois de façon parfaitement identique étant infinitésimale, les détracteurs du crash de Roswell en déduisirent que les documents étaient faux. Il est certain que les plus grandes réserves sont à formuler à l’égard de William Moore, qui aurait reconnu avoir travaillé pour le renseignement américain et contribué à la désinformation à ce sujet, mais aussi concernant le producteur Jaime Shandera, collaborateur de Moore, Charles Berlitz, co-auteur de « The Roswell incident » et malheureusement compromis dans des recherches burlesques sur le triangle des Bermudes et l’ « énigme » de l’Atlantide ainsi que Richard Doty alias « Falcon », informateur de Moore, ex-membre de l’AFOSI (Air Force’s Office of Special Investigations, organe de contre-espionnage de l’armée de l’Air américaine) et qui avait livré dès 1983 au journaliste Linda Moulton Howe, des informations similaires à celles contenues dans les documents MJ. Il est cependant indéniable que les mêmes réserves formulées quant aux travaux de dénégation systématique du fait ovni par le Dr. Menzel sont à adresser à Philip Klass qui occupe le premier rang outre-Atlantique, parmi les sceptiques acharnés dont l’obstination laisse à croire que cette activité est conceptuelle voire téléguidée, comme furent infiltrés dès leurs origines les principaux groupes ufologiques.
L’ufologue Richard D. Nolane a recensé certains autres points de détails qui contribuèrent à jeter le discrédit sur les documents MJ. « - Le système de datation n’est pas tout à fait celui utilisé à cette époque par les militaires - La base de Roswell, Roswell Army Air Base en 1947 puis Walker Air Force Base par la suite, n’est pas toujours correctement nommée. - Le document MJ-12, censé être destiné au nouveau président des États-Unis, est d’une rédaction plutôt négligée, comportant trop de fautes de frappe. - Les grades de certains des militaires cités sont faux, ce qui paraît étrange dans un document militaire. - Il n’y a aucune trace d’un décret-loi du président Harry Truman daté du 24 septembre 1947 dans les archives de la Truman Library. - Selon ce qu’on a appris du crash de Roswell après l’apparition des documents fin 1984, et des recherches menées ces dernières années sur le témoignage de Kenneth Arnold et d’autres de cette époque, le texte comporte un certain nombre d’erreurs ou d’approximations inconcevables dans un document de ce niveau. - Présence anormale d’une formule de salutation dans un mémorandum. »
Il n’en reste pas moins que de nombreux témoignages viendront ultérieurement étayer la théorie du secret militaire et les prétendus membres du groupe Majestic 12 exercèrent réellement des activités très sensibles en lien avec le monde du renseignement, la recherche et le développement scientifico-militaire au plus haut niveau de l’État. Les documents MJ, dont la qualité de détails et de cohérence est frappante, sont peut-être le moyen utilisé par les détenteurs de cet hypothétique secret pour discréditer par avance d’éventuelles révélations qui auraient pu apparaître comme fondées. De par sa conception, tout semble indiquer que ce document ne saurait être l’initiative isolée d’un mystificateur en manque de publicité, mais une entreprise subtile d’action de désinformation, attendu que le meilleur moyen de brouiller les pistes est d’être parti-pris du débat en mêlant le vrai au faux, la réalité à la contrefaçon. Ce type de propagande destinée à orienter l’opinion est caractéristique de certaines opérations de désinformation orchestrées par de grandes centrales de Renseignement. C’est l’opinion de Stanton Friedman qui déclara : « Je ne connais aucune preuve permettant de déterminer l’origine des documents… William Moore m’a appelé, en décembre 1984, après avoir développé le film reçu par Jaime Shandera contenant le « briefing » Eisenhower et le mémorandum Truman et Forrestal. C’était bien entendu trop explosif pour être publié sans preuve. Le fait que Menzel appartienne au MJ-12 rendait l’affaire plutôt suspecte, car il n’avait en apparence qu’une simple vie de professeur d’université. En 1986, je me suis rendu à Harvard et à Princeton afin de consulter les archives Menzel et Forrestal. C’est alors que j’ai découvert la double vie de Menzel. Au total je me suis rendu dans 18 services d’archives. En mars 1985… j’ai appris que les Archives nationales déclassifiaient des fichiers du quartier-général des services de renseignement de l’Air Force. Ils étaient susceptibles de contenir des dossiers intéressants comme des rapports top-secrets sur les ovnis. Nous avons donc surveillé de près cette déclassification et Jaime et William sont venus à Washington en juillet. Ils y ont découvert le mémorandum Cutler-Twining . Ce nouveau document permettait de montrer que Twining appartenait bien à une organisation spéciale nommée MJ-12. Il impliquait également le NSC (National Security Council), les plus proches conseillers du président des États-Unis. L’éditeur de la revue « Skeptical Enquirer », Philip Klass, a alors prétendu que ce mémo était un faux, car les caractères de la machine à écrire étaient en Pica alors que le NSC utilisait des caractères Elite. Il m’a proposé 1000$ si je trouvais au moins dix documents de la même époque, en Pica de la même taille et provenant de la NSC. Il a perdu ses 1000$. Je suis convaincu que certains des documents du MJ-12 sont authentiques et j’ai prouvé que d’autres étaient faux. Bien entendu, nous ne pouvons que spéculer sur les personnes impliquées dans cette affaire. Le gouvernement américain est immense et les « black budgets » annuels pour les renseignements atteignent 26 milliards de dollars, ce qui laisse de la place pour une implication des services secrets comme le National Reconnaissance Office (NRO), La National Security Agency (NSA), la CIA, la Defense Intelligence Agency (DIA)… ».
Comme reproduits en annexe, des documents déclassifiés font clairement référence au groupe MJ 12, mais leur authenticité demeure sujette à caution. Le mémorandum au général Twining, en date du 14 juillet 1954 et signé de l’assistant spécial du président Eisenhower, Robert Cutler fait référence à un briefing concernant le projet d’études spéciales MJ-12. Enfin, un mémorandum de la Maison Blanche, daté du 28 juin 1961 à l’intention du directeur de la CIA, dénote l’intérêt du président Kennedy pour la question. Le mémorandum est relatif à l’«examen des opérations secrètes MJ-12 relatives aux plans de guerre psychologique GOLD WAR ». Le président réclame également un bref résumé de ce dossier.
Les documents Cutler-Twining furent découverts en juillet 1985 aux Archives Nationales par Moore et Shandera. Or, cette recherche ne fut pas fortuite, puisque les ufologues furent guidés par un mystérieux informateur postant ses conseils aux quatre coins du monde. Le mémo Cutler-Twining de 1954 fut ainsi mis à jour entre deux classeurs de l’US Air Force récemment déclassifiés bien que son origine soit clairement différente du lot archivistique concerné. Bien que l’US Air Force et le FBI ne se soient jamais prononcés sur l’authenticité de ces documents, il y a lieu d’en douter. Comment concevoir en effet, la simple présence de ce document, émanant du conseiller du président américain, dans un lot d’archives militaires totalement étranger au fait ovni et le fait que le mémorandum ait pu échapper à la sagacité des services chargés de la déclassification de ces documents ?. Quiconque a pratiqué les archives sait qu’il est tout à fait possible d’y introduire des pièces pour peu qu’un descriptif détaillé n’accompagne pas le lot de documents officiels. Il faut donc voir plus vraisemblablement dans ces mémorandums, la main d’un des informateurs de Moore , en se contentant d’imaginer ses mobiles. La « désinformation amplifiante » de services de renseignement, évoquée par le rapport Cométa pourrait être une explication plausible et judicieuse. En occupant les ufologues avec d’interminables querelles autour de documents habilement conçus mais faux, les services secrets les empêchaient de concentrer leurs investigations sur d’autres points et déconsidéraient lentement le cas Roswell qui commençait à émerger lentement de l’oubli. On voit mal en tout cas qui d’autre pourrait être l’auteur d’une telle manœuvre qui demandait des moyens non négligeables.
L’extraordinaire implication, autant concernant les membres supposés du Majestic 12 que de certains ufologues comme William Moore ainsi que leurs informateurs, semble indiquer une présence active d’officines de renseignement. Si l’US Air Force et le gouvernement n’avaient rien à dissimuler ayant trait à la récupération d’une technologie extraterrestre, comment alors expliquer ses multiples dénégations et la présentation incomplète des événements faites dans les différents rapports publics ? Comment ne pas mettre en corrélation les différents témoignages relatifs aux événements de Roswell et la création du National Security Council (NSC), seule agence américaine non assujettie aux dispositions de la loi sur la liberté de l’information, créée le 26 juillet 1947, trois semaines après le prétendu crash de Roswell et au sujet de laquelle l’ufologue Jean Sider affirmera qu’il s’agit peut-être là du véritable groupe Majestic 12 ?
Le rapport du GAO rend un court avis concernant les documents MJ, répercutant les affirmations de différents services de renseignement selon lesquels aucune preuve n’établirait que ces documents sont authentiques, sans affirmer cependant qu’ils ne le sont pas. Toutefois, il accrédite de façon décisive la théorie selon laquelle ce groupe aurait eu une existence réelle, ce qui pose encore la question de savoir si, de la sorte, et en révélant sur un support factice de véritables informations, on n’obtient point là le meilleur moyen de neutraliser toute révélation ultérieure.
« RAPPORT SUPPLEMENTAIRE/ LETTRE DU GAO AU MEMBRE DU CONGRES SCHIFF CONCERNANT LES ARCHIVES LIEES AU « MAJESTIC 12 »…
En réponse à votre demande, nous avons demandé à plusieurs agences leurs avis sur l’authenticité des documents écrits rendus publics supposés attribués au Majestic 12. L’origine de ces documents est inconnue, mais il se peut qu’ils représentent des documents gouvernementaux très classifiés expliquant les procédures relatives aux objets volants non-identifiés, et le crash d’un appareil en forme de disque près de Roswell, Nouveau-Mexique, en juillet 1947.
Depuis le début des années 1980, plusieurs agences fédérales ont été contactées par des personnes non-gouvernementales et on leur a demandé de déterminer l’authenticité des documents Majestic. Les agences contactées incluent :
- Le Bureau de sécurité des informations classifiées (responsable de la surveillance et de la sécurité des programmes d’informations de toutes agences de la branche exécutive qui créent ou conservent des informations relevant de la sécurité nationale). - Le Bureau du Secrétaire de l’Armée de l’Air, adjoint pour la sécurité et le programme d’enquêtes, ainsi que les Archives nationales.
Ces agences ont répondu aux demandes de renseignements en affirmant que leur connaissance du Majestic 12 a été limité aux documents qui leur ont été soumis par des personnes non-gouvernementales. Ces agences ont ajouté qu’elles ne trouvent pas de documents relatifs au Majestic 12 dans leurs archives. D’ailleurs, la conclusion définitive des agences concernant l’authenticité du Majestic 12 est une seule et même réponse : il n’y a pas de preuves que les documents écrits Majestic 12 constituent des documents réels créés originellement par la branche exécutive. D’après le Bureau de sécurité des informations classifiées et l’armée de l’Air, les documents Majestic 12 ne doivent pas être traités comme s’ils avaient été réellement classifiés par une agence de la branche exécutive ou du gouvernement officiel. Nous n’avons rien trouvé dans notre travail qui puisse contredire les conclusions délivrées par ces agences.
Nous avons aussi demandé aux archivistes des bibliothèques de Harry Truman et Dwight Eisenhower, leur avis sur l’authenticité des documents Majestic 12. Les archivistes nous ont dit qu’ils ont reçu plusieurs demandes de renseignement du public à propos de ces documents ces dernières années. Dans leurs recherches de documents liés à cette affaire, parmi les documents de renseignement classifiés et ceux du NSC, ils n’ont rien trouvé concernant les documents Majestic 12 ou d’autres références s’y rapportant.
Pour finir, durant notre étude des documents disponibles auprès du public par le bureau de Sécurité des informations classifiées du fait des demandes en vertu de la loi sur la liberté de l’information, nous sommes tombés sur un message daté du 17 novembre 1980. Le message, qui semble provenir de l’Air Force’s office of Strategic intelligence (AFOSI), [organe de renseignement de l’armée de l’Air, particulièrement occupé de contre-espionnage], contient les mots « MJ Douze ». Nous avons contacté l’AFOSI afin de déterminer l’authenticité du message de 1980. Dans une lettre daté du 28 février 1995, le commandant de l’AFOSI nous apprenait qu’une recherche dans les archives de ce service, n’avaient pas permis de divulguer une copie officielle du message. Le commandant nous a également confirmé qu’en relation avec une précédente demande en vertu de la loi sur la liberté de l’information, l’AFOSI a été contacté pour déterminer l’authenticité des documents MJ. À cette date, l’AFOSI conclue que ces messages sont faux.
Avec nos sentiments les meilleurs, Richard DAVIS, Directeur, Analyste de Sécurité nationale ».
En conclusion, l’AFOSI ne nia pas la réalité du message contenant les mots « MJ12 » mais prétendit n’en plus trouver la trace, affirmant par ailleurs que les documents MJ étaient des faux. À défaut d’imputer à la duplicité de ces officines gouvernementales, les doutes fondés des enquêteurs, il demeure certain que la dialectique de communication de ces agences fut sans nul doute une raison pour ne pas se contenter de ces explications maladroites et l’on peut finalement, sans risque d’être taxé de paranoïa, s’interroger sur la destruction des archives de la base de Roswell, celles de la police militaire stationnée à Roswell au moment des faits et le refus de l’Air Force de fournir au GAO la copie du rapport mentionnant les mots « MJ 12 ». Ainsi, si l’on peut légitimement douter de la validité de ces documents, ce que n’a pas manqué de faire la plupart des ufologues, il y a lieu d’être plus prudent concernant la non-existence de ce groupe. En outre, si les documents MJ procèdent d’une opération de désinformation, ses effets furent particulièrement opérants. Au fil des émissions à sensation sur le sujet et parce que Shandera et Moore ne mirent jamais leurs convictions en doute, ces ufologues ont été très largement ostracisés jusque dans le milieu ufologique lui-même. Par ailleurs, ces documents ont servi de preuve à un prétendu complot entre les extraterrestres et le gouvernement, entre les mains d’ « ufologues » comme John Lear et William Cooper, mort en 2001 sous les balles d’une fusillade, contribuant de la sorte à la postérité de mouvements extrémistes et délirants tel que celui dit de la « Lunatic fringe ».
La Direction de la surveillance du territoire (DST) est un service de renseignements du ministère de l'Intérieur, au sein de la direction générale de la police nationale, chargé historiquement du
contre-espionnage en France. Cette dernière compétence n’était plus la seule qui était confiée à la DST ; depuis la disparition du bloc soviétique, s’y ajoutaient la lutte anti-terroriste, la
lutte contre la prolifération (matériels sensibles ou militaires) et la protection du patrimoine économique et scientifique français. Cette dernière spécialité relève de l’intelligence
économique. Elle était membre de la communauté française de renseignement. Elle constituait sans doute la structure la moins visible et l'une des plus discrètes de la police nationale. C'est que
la mission de contre-espionnage civil et militaire qui lui était dévolue ne concerne pas le grand public et requiert une confidentialité particulière. L'identité des personnels ainsi que la
nature des opérations auxquelles ils participaient relèvent d'ailleurs du secret-Défense et du confidentiel Défense.
Le 1er juillet 2008, la DST a fusionné avec la Direction centrale des Renseignements généraux au sein d'une nouvelle direction qui a pris le nom de : Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).
Histoire de la DST:
La Surveillance du Territoire (ST) est un service de police qui fut créé en 1934 par le gouvernement de Gaston Doumergue et renforcé en 1937 par le Front populaire. Il a permis l'arrestation de nombreux espions allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs de ses membres rejoindront d'ailleurs la Résistance.
La DST succède à la ST par une ordonnance du 16 novembre 1944, signée du général de Gaulle et relative à l'organisation du ministère de l'Intérieur, que vint compléter un arrêté du 22 novembre 1944. Elle est confiée à Roger Wybot, qui avait dirigé à Londres, à partir de décembre 1941, la section de contre-espionnage du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA).
Le Général de Gaulle établit la DST cette même année, fixant ses attributions et ses structures internes. Selon Phillipe Bernert, la création de la direction marquait une petite révolution car, pour la première fois en France, le contre-espionnage échappait au contrôle de l'armée. Roger Wybot prit soin de lui assurer une indépendance totale et mit l'accent sur l'exploitation du renseignement qu'il confia à un service de documentation créé à son initiative.
La tâche dévolue aux "documentalistes" de ce service nouveau et interne à la DST consistait principalement à exploiter les informations transmises par les agents de terrain et à mettre à jour un fichier nominatif. Il leur revenait en outre d'identifier par recoupement les résidents étrangers suspectés de se livrer à des activités d'espionnage et de terrorisme ainsi que, en cas d'arrestation d'un suspect, de préparer les schémas d'interrogatoires.
Les succès majeurs de la DST furent l'exploitation de Farewell et l'arrestation du terroriste international Ilich Ramírez Sánchez dit Carlos.
Missions:
Dernièrement, les grandes missions de la DST étaient le contre-espionnage intérieur, la protection du patrimoine industriel, scientifique et technologique ainsi que la lutte contre le terrorisme intérieur. La DST s'articulait autour de quatre grandes divisions :
* Division de la surveillance du Monde musulman et contre-terrorisme
* Division sécurité, protection du patrimoine et prolifération
* Division contre-espionnage intérieur
* Division des services techniques et de l'informatique
Les liens traditionnels que la France entretient avec l'Afrique, le Proche-Orient et le Moyen-Orient avaient contribué à faire de la DST l'un des services de renseignements occidentaux les plus performants en matière de contre-terrorisme islamiste radical.
La DST assurait des missions se rapportant à la défense, dirigées sur la recherche, la prévention et la lutte contre toutes les activités inspirées ou soutenues par des puissances étrangères et de nature à menacer la sécurité et la souveraineté du pays et de son patrimoine à tous les niveaux. Elle est organisée en services centraux (de compétence nationale) et en services territoriaux. Elle entretenait également des antennes dans certains pays étrangers.
La DST avait en charge la police des communications radio (PCR), c'est-à-dire la recherche d'émetteurs clandestins grâce à des stations d'écoute. Un plan national des fréquences est programmé sur un ordinateur, et toute émission non répertoriée provoque ainsi un état d'alerte. Il est alors procédé à l'enregistrement du contenu de l'émission puis à sa localisation.
La DST de par ses attributions était chargée de protéger les entreprises françaises contre l'espionnage économique, scientifique et industriel. Ces cas d'espionnage se sont considérablement développés au cours des dernières années, ils constituent désormais 60% des cas détectés, contre 40% pour l'espionnage politique, diplomatique et de défense.
Un nombre important d'entreprises françaises font l'objet d'espionnage de la part de puissances étrangères.
Localisation et effectifs:
Le siège de la DST se trouvait au 84, rue de Villiers à Levallois-Perret (depuis le départ en 2007 du 7 rue Nélaton à Paris, siège historique de la DST). L'organisation exacte de la Direction ainsi que l'identité des agents qui y travaillent étaient couverts par le secret défense (avis du Conseil d'État du 19 juillet et du 29 août 1974). Ses effectifs étaient de 1419 fonctionnaires au 1er Janvier 2000. Mais depuis le 11 septembre 2001, ses effectifs et ses moyens spéciaux et techniques dans la lutte anti-terroriste avaient augmenté de façon significative.
Selon une communication en conseil des ministres du 20 juin 2007 sur « la revue générale des politiques publiques », « la fusion des services de renseignement » fait partie des chantiers prioritaires fixés par le Premier ministre.
Services:
Parmi les autres services centraux, on trouvait un service de documentation et d'exploitation qui assurait la centralisation de tous les renseignements recueillis par les fonctionnaires du service et qui bénéficiait de sections spécialisées en province. Le but de ce service était d'assurer un contrôle total des documents liés aux informateurs et aux agents (simples ou doubles), depuis leur recrutement jusqu'à la cessation de leurs rapports avec le service.
En ce qui concerne les activités dans le domaine de l'informatique, la DST a aussi créé un département des systèmes informatiques en 1986.
Le 27 juin 1975, la division Moyen-Orient de la DST s'est vu attribuer des moyens humains et matériels supplémentaires afin de lui permettre de s'impliquer plus sérieusement dans les affaires de terrorisme. Elle disposait ainsi de moyens plus importants que les autres divisions de la DST : voitures rapides, matériel de photographie très sophistiqué pour l'époque, et des moyens permettant de réaliser des écoutes téléphoniques, des récepteurs et émetteurs pour marquer et suivre des véhicules ou des personnes. Ces techniques étaient à l'avant-garde de nombre de services de contre-espionnage en Europe et dans le monde à cette époque.
Groupe de soutien opérationel et d'interpellations:
La DST bénéficiait d'un groupe d'opérateurs du RAID. Les fonctionnaires de ce corps d'élite de la police nationale assistaient les enquêteurs de la DST pour les interpellations et leurs protections depuis 1987. Ainsi, dans Paris et en Île-de-France, le RAID entretenait une astreinte pour la DST de 8 à 24 opérateurs du groupement d'intervention, pour sécuriser les lieux et procéder à l'effraction et à l'interpellation des individus incriminés.
Pour les directions régionales en province, la DST était aidée et soutenue par les groupes d'intervention de la police nationale (GIPN) et les BREC de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) décentralisé par les Services Régionaux de Police Judiciaire (SRPJ) ainsi que des corps d'élites de la police nationale pour les mêmes tâches de sécurité et de protection que le groupement d'intervention RAID.
Les BREC (Brigades Régionales d'Enquêtes et de Coordiantion) étaient, avant leur fusion avec les BRI (brigades de recherche et d'intervention), des unités de police judiciaire. Les fonctionnaires de ces brigades sont habitués aux interpellations difficiles et travaillent en tenue civile uniquement, elles disposent en l'occurrence des meilleurs enquêteurs liés au grand banditisme et aux trafics d'armes et de drogues.
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